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Co Hoedeman

L’œuvre en bref

Co Hoedeman

Magie et fantaisie d'un cinéaste humaniste
Par Marco de Blois

Dans les années 60, quand Co Hoedeman tourne ses premiers films d’animation de marionnettes, la technique est dominée par plusieurs années de réalisme tchécoslovaque. Chez le maître praguois Jirí Trnka, par exemple, la marionnette, bien que stylisée, reproduit la gestuelle humaine et présente une apparence proche de celle des êtres vivants. Pour des raisons de vraisemblance, les matériaux qui la composent restent invisibles à l’œil. Or, il est intéressant de noter que les premières œuvres de Hoedeman mettent en scène une marionnette en fil de fer (Maboule, 1969) et des poupées russes (Matrioska, 1970). Leur constitution leur donne une personnalité distinctive.

<strong><em>Le théâtre de Marianne</em></strong> (2004). © ONF<strong><em>Ludovic - Une poupée dans la neige</em></strong> (1998). © ONF
Le théâtre de Marianne (2004). © ONFLudovic - Une poupée dans la neige (1998). © ONF

Tchou-tchou (1972) se distingue ainsi par un ludisme attribuable au fait que les décors et les personnages sont entièrement composés de blocs de bois peints, comme si le réalisateur s’était amusé à animer le contenu d’un coffre à jouets. Le film ressemblant à un grand jeu de construction, la jubilation du spectateur s’accroît du fait que Hoedeman met en évidence son propre plaisir de jouer. Le choix des matériaux peut aussi suggérer la fragilité : par exemple, dans Le château de sable (1977), des créatures surgies du sol et appartenant à un monde de sable sont emportées par le vent. Charles et François (1987) et L’ours renifleur (1992) présentent une esthétique plus hétérogène. Les personnages sont dessinés sur des surfaces minces et évoluent dans des environnements en trois dimensions, ce qui leur confère une vulnérabilité. Ajoutons que Hoedeman s’inspire de l’art inuit dans trois films regroupés sous le titre Une légende eskimo (1971-1975).

<strong><em>Le château de sable</em></strong> (1977). © ONF<strong><em>L’ours renifleur</em></strong> (1992). © ONF
Le château de sable (1977). © ONFL’ours renifleur (1992). © ONF

De 1998 à 2002, le réalisateur tourne quatre épisodes d’une série qui obtiendra un grand succès chez le jeune public. Ludovic, le héros de cette série, est un ourson qui fait l’expérience d’émotions qui lui sont nouvelles, comme l’amitié, l’amour et le deuil. Les enfants se reconnaissent en lui, d’autant plus que Ludovic et tous les autres personnages prennent aussi la forme d’oursons de peluche. Le jeune public se retrouve donc en terrain connu.

S’adressant le plus souvent aux enfants, les films de Co Hoedeman véhiculent des valeurs humanitaires fortes : écologie, inclusion sociale, respect des différences, paix. Ils se déroulent généralement au sein d’un groupe dont les membres apprennent à vivre en harmonie en apprivoisant leurs différences. Cette recherche de l’équilibre s’applique également à l’esthétique du réalisateur, composant des univers cohérents à partir d’éléments composites. Hoedeman aborde la réalisation avec de sérieuses préoccupations pédagogiques sans toutefois sacrifier la magie ni la fantaisie.

 

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