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Francine Desbiens

Biographie

Francine Desbiens

Née à Montréal en 1938, Francine Desbiens est encore adolescente lorsqu’elle est marquée par une projection des films de Norman McLaren. Rythmetic, dont elle apprécie la simplicité, la sensibilité et la clarté didactique, aura une incidence majeure sur sa carrière future. Après des études à l’Institut des arts appliqués de Montréal, elle est engagée à l’ONF comme technicienne à la photothèque. Elle fait rapidement la connaissance de René Jodoin qui, après avoir apprécié la qualité de ses travaux scolaires, l’invite à se joindre à la nouvelle équipe du studio d’animation du Programme français. Elle devient aussitôt assistante de Clorinda Warny, qui réalise alors des films portant sur l’apprentissage des mathématiques. En 1969, elle coréalise Le corbeau et le renard avec Pierre Hébert, Yves Leduc et Michèle Pauzé. Tourné en un week-end à la suite d’une blague racontée par Leduc, ce film humoristique devient l’un des classiques du studio. Stimulée par cette expérience collective, Desbiens renouvellera l’aventure en 1973 (Du coq à l’âne, coréalisé avec Pierre Hébert et Suzanne Gervais).

Terminé en 1971, Les bibites de Chromagnon est un film didactique destiné à illustrer la gamme chromatique. Desbiens s’y souvient des leçons tirées de Rythmetic de McLaren : la technique est la même, ainsi que le ton enjoué. Assistante du grand cinéaste tchèque Bretislav Pojar lorsque celui-ci réalise Balablok (1972) à l’ONF, Desbiens apprend à maîtriser la technique des éléments découpés. Son film suivant, Dernier envol (1977), inspiré d’une nouvelle de Roch Carrier, profite d’ailleurs largement de cette expérience.

En 1976, Desbiens devient productrice, notamment pour Chérie, ôte tes raquettes d’André Leduc (1976), Moi je pense de Ron Tunis (1979) et Luna, luna, luna de Viviane Elnécavé (1980). Elle collabore ensuite de nouveau avec Bretislav Pojar, participant à la réalisation de « E » (1981). De retour à la réalisation, elle signe l’indicatif de l’exposition « L’art du cinéma d’animation » tenue au Musée des beaux-arts de Montréal en 1982, puis se consacre à Ah! vous dirai-je, maman (1985), essai autobiographique qui constitue un moment fort dans sa filmographie. Suivent Dessine-moi une chanson (1990), Voir le monde (1992), Le tournoi (1994) et Mon enfant, ma terre (1998), dans lesquels se dessine une trajectoire qui va de l’expérience intime à l’engagement social. Femme de conviction, impliquée dans le syndicalisme et la défense de la place des cinéastes dans la structure de l’ONF,  Francine Desbiens termine ainsi sa carrière avec son film le plus politique : une dénonciation de l’aveuglement des nantis devant le problème des mines antipersonnel. En 1998, elle prend sa retraite.

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