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René Jodoin

L’œuvre en bref

René Jodoin

Le créateur au service de la société civile
Par Marco de Blois

René Jodoin a été tour à tour réalisateur et producteur. Bien qu’il ait mené ces deux carrières dans un esprit de continuité, il convient de les aborder distinctement car leur nature respective est bien différente.

<strong><em>Sphères</em></strong> (1969). © ONF <strong><em>Rectangle et rectangles</em></strong> (1984). © ONF
Sphères (1969). © ONF Rectangle et rectangles (1984). © ONF

Jodoin fait partie de la première génération de cinéastes embauchée par Norman McLaren à l’ONF en 1943. Du groupe, il est sûrement celui sur lequel l’influence du cinéaste a été la plus grande. Son sens de l’innovation, de même que sa conception artisanale de l’animation appartiennent à cet héritage. Il faut aussi ajouter à cela une façon bien particulière de comprendre le rôle d’artiste de l’État. Jodoin, tout comme McLaren, se voyait comme un créateur au service de la société(en anglais, le mot fonctionnaire est civil servant), ce qui implique une rigueur, mais surtout une modestie et une responsabilité à l’égard du public. Ainsi, il y a dans l’œuvre joyeuse de Jodoin un didactisme qui se manifeste toutefois sans lourdeur.

Sa filmographie comme réalisateur compte un peu plus de dix titres, depuis Alouette coréalisé avec McLaren (1944) jusqu’à Entre temps et lieux (1999). Jodoin est un cinéaste expérimental passionné par les notions de géométrie, abordant celles-ci avec un étonnant sens du spectacle. Par exemple, bien que le sujet du film éducatif Comment fonctionne le moteur à jet (1960) puisse sembler aride, le réalisateur parvient à faire comprendre le fonctionnement interne de l’appareil à l’aide de formes simples et d’une organisation chorégraphique du mouvement. Cette aisance se remarque dans Ronde carrée (1961), Notes sur un triangle (1966), Rectangle et rectangles (1984) et Question de forme (1984), quatre films d’initiation à la géométrie, qui affichent une simplicité désarmante tout en reposant sur des calculs précis et savants.

En 1966, Jodoin fonde le Studio d’animation du Programme français qu’il dirige jusqu’à 1977, réunissant autour de lui des jeunes cinéastes. S’inspirant de son apprentissage avec McLaren, il privilégie l’expérimentation, l’artisanat et la diversité. En tant que producteur, il supervise la réalisation d’œuvres mémorables comme Le vent de Ron Tunis (1972), Monsieur Pointu d’André Leduc et Bernard Longpré (1975) et Entre chiens et loup de Pierre Hébert (1978). Jodoin est aussi un pionnier. Au début des années 70, il produit la série Chansons contemporaines, dont on s’accorde aujourd’hui pour dire qu’elle préfigure le vidéoclip. De plus, sous sa direction ont lieu des expériences d’animation assistée par ordinateur, ce qui conduira à la réalisation de La faim de Peter Foldès (1973).

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