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Richard Condie

Biographie

Richard Condie

Bien que Richard Condie soit né à Vancouver en 1942, on ne s’étonne pas qu’à l’âge de quatre ans, le célèbre animateur ait suivi ses parents dans leur déménagement à Winnipeg. Sa vision excentrique, sa musicalité et son charme laconique correspondent tout à fait aux sensibilités de la fin du 20e siècle à Winnipeg. L’essor remarquable du dessin animé dans cette ville, parallèlement à la multiplication des productions indépendantes comme les films originaux de Guy Maddin et de ses contemporains, est pour une bonne part attribuable aux courts métrages d’animation primés de Richard Condie, notamment Le p’tit chaos (1987). On ne peut imaginer que de grands succès « rétro cool » de l’ONF comme Trouve du boulot et Le chat colla… comme il se doit à son premier chef-d’œuvre, Faut se grouiller. Quand on a demandé récemment à Condie s’il envisageait de quitter Winnipeg un jour, il a donné une réponse très typique : « Il fait froid ici, et on dirait bien que j’y suis encore. » aient pu se faire à Winnipeg sans que l’inspiration de Richard Condie y soit pour quelque chose, en remontant

Après avoir obtenu un baccalauréat ès arts de l’Université du Manitoba au milieu des années 1960, Richard Condie n’a pas immédiatement « plongé dans la pauvreté », comme il appréhendait de le faire s’il épousait une carrière artistique. Il tente donc de devenir enseignant, mais sa première session est un désastre et, en compagnie de sa femme Linda, il part pour la côte ouest où il travaille à un projet de l’Université de la Colombie-Britannique sur la délinquance juvénile. Deux ans et « une tonne de graphiques » plus tard, le couple rentre à Winnipeg. Là, Condie présente une demande de bourse au Conseil des Arts du Canada pour réaliser un film d’animation.

Richard Condie ne se rappelle pas avoir vécu un moment de révélation lorsqu’il s’est rendu compte que le dessin animé allait être sa voie. « J’étais fasciné par les sons, les images et la musique, raconte-t-il, et je me suis dit : “Quelle aventure ce doit être que de les marier ensemble!” » Deux bourses du Conseil des Arts donneront naissance à Oh Sure, un court métrage que l’ONF achètera plus tard pour le distribuer. On y voit un gars sur un banc de parc qui tente d’en impressionner un autre par des cabrioles loufoques. On peut se demander avec raison s’il s’agit là d’une métaphore illustrant l’acceptation par Condie de son « animateur intérieur », mais il est évident que l’artiste binoclard, guitariste à ses heures, a trouvé son vrai métier.

Après avoir réalisé un autre film d’apprentissage intitulé John Law and the Mississippi Bubble, Condie trouve enfin sa voix et sa vision avec Faut se grouiller, illustration désopilante des procrastinations d’un pianiste de concert qui se laisse distraire au lieu de pratiquer en vue d’un important récital. Le film aborde des thèmes universels et remporte des prix un peu partout dans le monde. Dans la foulée, Condie réalise sur commande un court métrage rigolo, Pig Bird, pour l’Agence des douanes, puis atteint sa vitesse de croisière avec son triplé classique : Le p’tit chaos, L’apprenti et La salla. Deux de ces films seront sélectionnés pour un Oscar et tous remporteront des prix dans le cadre de prestigieux festivals du film.

Ces dernières années, Richard Condie a dû composer avec la santé chancelante de ses parents, tous deux affligés de la maladie d’Alzheimer. Malgré cela, il a réussi à terminer l’épisode-pilote d’un projet de série télévisée, The Ark, qui raconte la vie d’une famille dysfonctionnelle à bord d’un bateau après la destruction de toute civilisation par un déluge. Lorsque des changements à la direction de la maison de production Nelvana ont entraîné la suspension du projet, Condie est retourné à l’Office national du film pour y mettre sur pied un passionnant projet de diffusion sur le Web, Etudes and Impromptus.

Richard Condie continue de vivre et de travailler à Winnipeg où il fume trop de cigarettes, boit du Coca-Cola, fait de la musique et songe à son prochain film.

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