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Techniques

Animation à trois dimensions

<strong><em>Une poupée dans la neige</em></strong> (1998) en cours de tournage. © ONF

Une poupée dans la neige (1998) en cours de tournage. © ONF

<strong><em>Une poupée dans la neige</em></strong> (1998) - Co Hoedeman. © ONF

Une poupée dans la neige (1998) - Co Hoedeman. © ONF

Martin Barry au travail sur le plateau de <strong><em>Juke-Bar</em></strong> (1989). © ONF

Martin Barry au travail sur le plateau de Juke-Bar (1989). © ONF

<strong><em>Juke-Bar</em></strong> (1989) - Martin Barry. © ONF

Juke-Bar (1989) - Martin Barry. © ONF

Sjaak Meilink pose aux côtés des personnages de son film <strong><em>Les Échassiers</em></strong> (2002). © ONF

Sjaak Meilink pose aux côtés des personnages de son film Les Échassiers (2002). © ONF

<strong><em>Les Échassiers</em></strong> (2002) - Sjaak Meilink. © ONF

Les Échassiers (2002) - Sjaak Meilink. © ONF

Voir des extraits de films utilisant cette technique

Animando, 1987

Animando, 1987

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Juke-Bar, 1989

Juke-Bar, 1989

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Par Marcel Jean
Spécialiste du cinéma d’animation

C'est par l'expression « animation à trois dimensions » qu'on désigne l'animation de marionnettes, la pixillation et l'ensemble des techniques dérivées de ces dernières; citons, par exemple, l'animation de structures de pâte à modeler, qu'on appelle en anglais claymation, technique qui fait la gloire de cinéastes comme l'Américain Will Vinton, l'Anglais Nick Park et le Russe Garri Bardine.

Ces techniques ont en commun d'exiger du cinéaste qu'il tienne compte d'éléments de mise en scène très proches de ceux avec lesquels compose le réalisateur de prises de vues réelles. En effet, dans l'animation à trois dimensions, l'éclairage, les mouvements de caméra, le choix de l'objectif, la profondeur de champ et les rapports spatiaux entre les éléments ne sont pas virtuels, comme en dessin animé, mais plutôt réels, comme dans les films de fiction avec acteurs.

L'animation de marionnettes, qu'on appelle aussi « animation de poupées », trouve son origine dans la tradition millénaire du théâtre de marionnettes. Cette tradition fait partie de la culture populaire d'Europe centrale depuis des siècles, ce qui explique pourquoi c'est dans cette partie du monde que l'animation de marionnettes s'est d'abord implantée. Le Russe Ladislas Starewitch, avec des films comme La vengeance de l'opérateur cinématographique (1912), a été le premier maître de cette technique. Il fut bientôt suivi dans cette voie par plusieurs animateurs russes, mais surtout tchèques, le plus célèbre étant Jiri Trnka (La Main, 1965). C'est un autre Européen, le Hongrois George Pal, qui a imposé cette technique aux États-Unis, au début des années 1940. Au Japon, Kihachiro Kawamoto, formé à Prague par Trnka, s'est inspiré du théâtre de marionnettes japonais (le bunraku) dans des films comme Le Temple Dojoji (1976).

À l'ONF, après les premières expériences de Jean-Paul Ladouceur (Sur le pont d'Avignon, 1951), il faut attendre l'arrivée de Co Hoedeman, à la fin des années 1960, pour que cette technique trouve enfin sa place. Le remarquable Tchou-tchou (1972), film dont les personnages et les décors sont constitués de blocs de bois peints, et Le château de sable (1977), pour lequel il crée d’attachantes créatures évoluant dans un univers désertique, lui ont valu la consécration.

La présence à l’ONF du Tchèque Bretislav Pojar – fidèle collaborateur de Trnka – n'a pas eu d'effet important sur la production de films de marionnettes. En effet, les premiers films canadiens de Pojar ont été réalisés en papier découpé et il faut attendre L'heure des anges (1986), coréalisé avec Jacques Drouin, pour le voir employer le procédé qui l'a fait connaître. Dans des décors réalisés par Drouin à l'aide de l'écran d'épingles d'Alexeïeff-Parker, Pojar fait évoluer des personnages conçus et animés selon un parti pris réaliste affirmé.

Si l'amusante comédie musicale Juke-Bar (1989), dans laquelle Martin Barry met en scène d'étonnants cafards aux physionomies recherchées, demeure sans suite, un autre jeune cinéaste, Pierre M. Trudeau, invente un style singulier à l'aide de marionnettes de papier construction. Il s'approprie ainsi l'esthétique des bricolages enfantins dans des films destinés à un public en bas âge : Enfantillage (1990) et Baroque'n Roll (1994). Brian Duchscherer (L’homme volant de Balgonie, 1993), Pjotr Sapegin (Aria, 2001), Patrick Bouchard (Les ramoneurs cérébraux, 2002) et Sjaak Meilink (Les échassiers, 2002) ont aussi utilisé cette technique qui gagne sans cesse en popularité.

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