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Techniques

Dessins animés

<strong><em>Ma carrière financière</em></strong> (1962) - Gerald Potterton. © ONF

Ma carrière financière (1962) - Gerald Potterton. © ONF

<strong><em>La terre est habitée!</em></strong> (1969) - Kaj Pindal et Les Drew. © ONF

La terre est habitée! (1969) - Kaj Pindal et Les Drew. © ONF

<strong><em>Le chat colla...</em></strong> (1989) - Cordell Barker. © ONF

Le chat colla... (1989) - Cordell Barker. © ONF

<strong><em>Premiers Jours</em></strong> (1980) - Clorinda Warny. © ONF

Premiers Jours (1980) - Clorinda Warny. © ONF

<strong><em>La tendre histoire de Cendrillon Pingouin</em></strong> (1981) - Janet Perlman. © ONF

La tendre histoire de Cendrillon Pingouin (1981) - Janet Perlman. © ONF

<strong><em>Rumeurs</em></strong> (2003) - Francis Desharnais et le Groupe Kiwistiti. © ONF

Rumeurs (2003) - Francis Desharnais et le Groupe Kiwistiti. © ONF

<strong><em>Bienvenue au Kentucky</em></strong> (2004) - Craig Welch. © ONF

Bienvenue au Kentucky (2004) - Craig Welch. © ONF

Voir des extraits de films utilisant cette technique

Animando, 1987

Animando, 1987

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Mouches noires, 1992

Mouches noires, 1992

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Le Tournoi / The Tournament, 1995

Le Tournoi / The Tournament, 1995

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Par Marcel Jean
Spécialiste du cinéma d’animation

À l'origine, le dessin animé était fabriqué sur papier. Les œuvres de pionniers comme le Français Émile Cohl (Fantasmagorie, 1908) et l'Américain Winsor McCay (le créateur de Gertie le dinosaure, 1914) ont été réalisées sur ce support. Cependant, le fait que le papier était opaque entraînait plusieurs difficultés. D'abord, le cinéaste ne pouvait pas conserver les parties immobiles de son dessin et ne remplacer que les parties mobiles. Ensuite, il faisait face à des problèmes de stabilité et à un inévitable effet de sautillement. Enfin, cela limitait les effets de perspective.

Les expériences menées à New York, dans la première moitié de la décennie 1910, par le Québécois Raoul Barré, allaient préparer le terrain à la généralisation de l'animation sur cellulo. Barré fut le premier à utiliser un support transparent, en l'occurrence le verre. Après lui, les Américains Earl Hurd (1914) et John Randolph Bray (1915) firent breveter la technique d'animation sur cellulo.

En quoi consiste plus précisément cette technique? Après qu'un dessin de fond (ou décor) a été réalisé sur papier, sur carton ou sur toile, on pose dessus un cellulo de façon que, par effet de transparence, les éléments dessinés sur le cellulo s'intègrent au décor. On peut superposer ainsi plusieurs cellulos, ce qui permet une importante économie de travail –toute partie immobile n'ayant pas à être redessinée – ainsi que de spectaculaires effets de perspective.

La production des grands studios américains (Disney, Warner, MGM, Hanna-Barbera) a été essentiellement réalisée à partir de cette technique, qu’on a ensuite modifiée (utilisation de décors en trois dimensions par les frères Fleischer, usage de la caméra multiplane, etc.). Pour l'essentiel, la méthode reste cependant la même, c'est-à-dire qu'il s'agit de tracer à l'encre des formes qui seront ensuite colorées, le plus souvent à la gouache. Chaque image filmée étant le fruit de plusieurs étapes, cette technique favorise la division du travail, principe qui a été adopté dès l'origine par Bray et les chefs de studio qui l'ont suivi.

C’est en 1990 que Walt Disney Pictures abandonne la technique du cellulo (Bernard et Bianca en Australie) en faveur d’un système permettant de colorer et d’assembler les dessins après les avoir numérisés. Progressivement, les autres sociétés lui emboîteront le pas.

À l'Office national du film du Canada, Norman McLaren ayant dès l'origine privilégié une conception plutôt artisanale du métier, la technique d'animation sur cellulo fut d'emblée jugée inappropriée par ses premiers coéquipiers. Ce n'est qu'en 1952 que Colin Low, dans la foulée de la révolution esthétique amorcée par la jeune compagnie américaine U.P.A., réalise Sports et transports, première incursion de l'ONF dans cette technique. L’organisme allait par la suite produire plusieurs films dessinés sur cellulo, dont ceux qu'ont réalisés Gerald Potterton (Ma carrière financière, 1962), Kaj Pindal et Les Drew (La Terre est habitée, 1966), Zlatko Grgic (Le feu? Pas pour les hommes, 1971), Michael Mills (Evolution, 1971), Janet Perlman (La tendre histoire de cendrillon pengouin, 1981), Richard Condie (Le p’tit chaos, 1985), Cordell Barker (Le chat colla…, 1988), Alison Snowden et David Fine (L’anniversaire de Bob, 1993), ainsi que Paul Driessen (Au bout du fil, 1974). Ces films, très variés sur le plan graphique, ont en commun leur recours à l’humour.

En parallèle à l'utilisation du cellulo, plusieurs cinéastes réalisent des films dessinés sur papier. Pierre Veilleux, notamment, signe Champignons (1984) en dessinant à l'acrylique sur papier, tandis que pour Une âme à voile (1982) il a recours au même type de peinture, mais sur carton cette fois. En 1965, Ryan Larkin réalise Syrinx à partir d’une série de dessins au fusain. Premiers jours (1980), film posthume de Clorinda Warny complété par Lina Gagnon et Suzanne Gervais, a été dessiné sur papier, tout comme Les naufragés du quartier (1980) de Bernard Longpré, Le chapeau (1999) de Michèle Cournoyer, Rumeurs (2003) du groupe Kiwistiti et Bienvenue au Kentucky (2004) de Craig Welch. Le travail sur papier, qui permet d'utiliser toute la gamme de crayons, de pinceaux, d'encres et de peintures, est donc demeuré fort populaire auprès des cinéastes de l'ONF.

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