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Techniques

Papier découpé

Lotte Reiniger anime <strong><em>Aucassin et Nicolette</em></strong> (1976). © ONF

Lotte Reiniger anime Aucassin et Nicolette (1976). © ONF

<strong><em>Aucassin et Nicolette</em></strong> (1976) - Lotte Reiniger. © ONF

Aucassin et Nicolette (1976) - Lotte Reiniger. © ONF

Tournage par Noman McLaren et Evelyn Lambart du film <strong><em>Le merle</em></strong> (1958). Photo: Sam Tata. © ONF

Tournage par Noman McLaren et Evelyn Lambart du film Le merle (1958). Photo: Sam Tata. © ONF

<strong><em>Le merle</em></strong> (1958) - Norman McLaren. © ONF

Le merle (1958) - Norman McLaren. © ONF

Evelyn Lambart lors du tournage de <strong><em>Fine Feathers</em></strong> (1968). © ONF

Evelyn Lambart lors du tournage de Fine Feathers (1968). © ONF

<strong><em>Le village des idiots</em></strong> (2000) - Rose Newlove et Eugene Fedorenko. © ONF

Le village des idiots (2000) - Rose Newlove et Eugene Fedorenko. © ONF

Voir des extraits de films utilisant cette technique

Animando, 1987

Animando, 1987

Voir cet extrait

Par Marcel Jean
Spécialiste du cinéma d’animation

Lorsque Norman McLaren forme la première équipe d'animation à l'ONF, il désigne rapidement la technique du papier découpé comme l'une de celles à privilégier dans le contexte financier qui prévaut au sein de l'organisme.

En effet, cette technique, vieille comme le cinéma d'animation (Émile Cohl l'a utilisée), est aussi l'une des plus économiques. De plus, ses applications sont diverses. On peut obtenir le mouvement en remplaçant divers éléments découpés (comme dans Balablok, de Bretislav Pojar, 1973) ou en animant des personnages composés d'éléments articulés (dans le prolongement de la technique de silhouettes animées créée par l'Allemande Lotte Reiniger dans des films comme Les aventures du prince Achmed, 1926). On peut aussi travailler en posant directement les éléments mobiles sur un dessin de fond ou sur plusieurs plans éclairés séparément.

Par sa simplicité idéogrammatique, Le merle (1958), de Norman McLaren, demeure l’une des grandes réussites de l’utilisation du papier découpé à l’ONF. McLaren y emploie des éléments géométriques simples pour illustrer une chanson française traditionnelle. René Jodoin (Notes sur un triangle, 1966) et Evelyn Lambart (Fine Feathers, 1968) comptent parmi les autres pionniers de cette technique. Lambart et McLaren ont collaboré d’ailleurs à la réalisation de Rythmetic (1956), un classique réalisé en papier découpé. Avec Balablok et « E » (1981), deux fables politiques mordantes, Bretislav Pojar offre de beaux exemples des possibilités offertes par l'utilisation d'éléments remplaçables.

Très tôt, les cinéastes de l’ONF animent des personnages composés d’éléments articulés. C’est ainsi que Grant Munro illustre la chanson My Darling Clementine dès 1945. De passage à l’ONF, l’Allemande Lotte Reiniger, virtuose de l’animation de silhouettes, réalise Aucassin et Nicolette en 1975. En 1999, Eugene Fedorenko et Rose Newlove signent un véritable tour de force avec Le village des idiots, une utilisation spectaculaire d’éléments découpés articulés et animés sur plusieurs niveaux. Suzanne Gervais sera aussi reconnue pour son utilisation de cette technique. Trêve (1983), L'atelier (1988) et L'attente (1993) ont ainsi été réalisés de cette façon.

L'animation de photographies découpées constitue une variante de l'animation de papier découpé traditionnelle. Avec La ville (1970), puis Ceci est un message enregistré (1973) et L'âge de chaise (1979), Jean-Thomas Bédard s'est fait une spécialité de ce procédé. Francine Desbiens, quant à elle, y a recours pour Ah! vous dirai-je maman (1985).

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