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Techniques

Pixillation

Tournage du film <strong><em>Voisins</em></strong> (1952) dans un parc de la ville d'Ottawa. © ONF

Tournage du film Voisins (1952) dans un parc de la ville d'Ottawa. © ONF

<strong><em>Voisins</em></strong> (1952) - Norman McLaren. © ONF

Voisins (1952) - Norman McLaren. © ONF

Norman McLaren et Evelyn Lambart lors de la réalisation du film <strong><em>Il était une chaise</em></strong> (1957). © ONF

Norman McLaren et Evelyn Lambart lors de la réalisation du film Il était une chaise (1957). © ONF

<strong><em>Il était une chaise</em></strong> (1957) - Claude Jutra et Norman McLaren. © ONF

Il était une chaise (1957) - Claude Jutra et Norman McLaren. © ONF

Tournage du film <strong><em>Monsieur Pointu</em></strong> (1975). © ONF

Tournage du film Monsieur Pointu (1975). © ONF

<strong><em>Monsieur Pointu</em></strong> (1975) - André Leduc et Bernard Longpré. © ONF

Monsieur Pointu (1975) - André Leduc et Bernard Longpré. © ONF

Par Marcel Jean
Spécialiste du cinéma d’animation

C'est Norman McLaren qui, le premier, nomma « pixillation » la technique consistant à photographier image par image des personnages ou des objets dont les déplacements sont entièrement sous le contrôle du cinéaste. Il utilisa cette technique dans Voisins (1952), une puissante fable antimilitariste, puis dans Il était une chaise (1957) et Discours de bienvenue de Norman McLaren (1961), deux films dont l'anecdote repose sur la rébellion d'un objet de la vie courante (respectivement une chaise et un microphone).

La pixillation trouve sa lointaine origine dans les « trick films », ces films reposant sur les trucages et qui marquèrent les débuts de l'histoire du cinéma. On peut citer en exemples certains trucages de Georges Méliès, le célèbre El Hotel electrico de l'Espagnol Segundo de Chomon (1905) et Le mobilier fidèle du Français Roméo Bosetti (1912).

Plus que toute autre technique d'animation, la pixillation contraint à un étroit rapport au réel. En effet, la présence d'acteurs et d'objets évoluant dans un environnement en trois dimensions a pour effet d'introduire dans l'œuvre une série de références à la réalité. Cela a pour conséquence d'infléchir le choix des thèmes abordés dans les films faisant appel à cette technique. Ce n'est pas un hasard, par exemple, si Norman McLaren a réalisé ses œuvres les plus politiques avec ce procédé.

Robert Awad a fait un usage judicieux de cette technique en la mêlant à d'autres procédés dans les parodies de documentaires que sont L'affaire Bronswik (coréalisé par André Leduc, 1978) et Amuse-gueule (1983). C'est cependant Leduc qui utilise le plus fréquemment la pixillation à l'ONF. En trois films – Tout écartillé (1974), Monsieur Pointu (coréalisé par Bernard Longpré, 1975) et Chérie, ôte tes raquettes (1976) –, il explore le potentiel de fantaisie de cette technique.

Tout écartillé et Chérie, ôte tes raquettes laissent poindre le thème de la frénésie du monde moderne, thème que Roland Stutz exploite à fond dans son Taxi, illustration d'une chanson de Claude Léveillée misant sur les effets d'accélération obtenus par la pixillation.

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