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Les jeunes de la rue


Dans la rue, les histoires ne s’écrivent pas toutes de la même façon

Dans leur quête d’identité, les 12-30 ans cherchent leur place, cherchent à s’exprimer, cherchent à être reconnus pour ce qu’ils sont et réclament le droit d’exister autrement. Avant, pendant et après la rue, chaque parcours est singulier : les histoires des 12-30 ans se croisent mais ne s’écrivent pas toutes de la même façon.

Dans le centre de la ville, les jeunes de la rue squattent, vivent à plusieurs dans un même espace et dorment parfois dehors. Ils mendient, s’adonnent à de petits trafics, s’approprient des lieux publics et affichent une esthétique particulière. Ils subissent répression sociale et policière. Ils se méfient des autorités publiques. Ils vivent en rupture de la société, dans la marge. Ils s’opposent à un système axé sur la consommation, marchent sur les traces de l’anarchie, ont des préoccupations sociales et défendent leurs convictions politiques. Ils empruntent parfois la voie de la création, celle des mots, des images ou des sons. Qu’il s’agisse de survivre ou de se rebeller contre la société, l’espace public est leur habitat, leur lieu d’activités économiques et leur espace de socialisation. Même si l’insécurité y est grande, même si le risque y est réel, la rue est leur lieu d’appartenance.

Ailleurs, dans des quartiers où la population est particulièrement dense, où les familles sont nombreuses et les logements étroits, où les installations sportives et culturelles se font rares, les jeunes vivent dans la rue et, bien souvent, ne rentrent à la maison que pour y dormir. Dans ces quartiers dont les résidants proviennent bien souvent des quatre coins de la planète, les jeunes se rassemblent la plupart du temps selon leur pays d’origine. Eux aussi adoptent une esthétique particulière. Eux aussi subissent répression sociale et policière et se méfient des autorités publiques. Danse, rap, musique et graffitis témoignent de leur lutte quotidienne, de leur réalité indiscutablement urbaine.


Les jeunes, leurs aînés et l’espace public: quelques repères