Recherche Contact Bulletin

La genèse  • Le motorisé  • Les partenaires  • L’équipe  • Les formateurs

 • Quelques repères

Le carré Viger  • La place d’Youville  • Parc-Extension  • Saint-Michel

Parc-Extension


Montréal

En 2005, le Vidéo Paradiso s’arrête pour la première fois rue Saint-Roch, à Montréal, dans Parc-Extension. Musique africaine ou indienne, saris chatoyants, tapis pakistanais séchant au grand air, petits restos pas cher aux effluves et aux goûts exotiques, jardins potagers et plates-bandes colorées côtoyant même de vétustes immeubles, ressources culinaires d’ailleurs, lieux de culte et commerces variés, enfants de partout : Parc-Extension est d’une diversité culturelle inouïe.

Depuis plusieurs décennies, ce quartier du centre-nord de Montréal est une importante terre d’accueil pour les nouveaux arrivants. Provenant de plus de 80 groupes culturels différents, ceux qui l’habitent ont vécu un important déracinement. Plusieurs n’y sont que de passage, le temps de s’organiser pour trouver mieux ailleurs. D’autres, dont les espoirs ont dû être mis en veilleuse, y restent plus longtemps.

Parc-Extension est un quartier relativement jeune. D’abord essentiellement agricole, ce territoire est annexé à Montréal en 1910. Au cours des deux décennies qui suivront, des Écossais, des Irlandais et des immigrants en provenance de l’Europe de l’Est s’y établissent. En 1931, le Canadien Pacific construit la gare Jean-Talon, la Park Avenue Station, dans un espace perçu comme le prolongement de l’avenue du Parc. ce qui explique le nom donné au quartier. Peu à peu, industries et manufactures s’installent à proximité et attirent des travailleurs qui élisent domicile dans les environs.

Au cours des années 1960, Parc-Extension est surnommé la Petite Grèce, car les Grecs y sont majoritaires. Aujourd’hui, ils représentent 23 % de sa population, alors que Pakistanais, Sri Lankais, Indiens et Bangladais en représentent près de 50 %, et Haïtiens, 5 %. La langue maternelle de 80 % des résidants du quartier n’est ni le français ni l’anglais, et la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté.

Parc-Extension fait 1,6 kilomètre carré, et la densité de sa population est aujourd’hui plus de 5 fois supérieure à la moyenne montréalaise. L’espace du quartier est restreint et, à la maison, les familles, qui comptent plusieurs enfants, sont à l’étroit. Installations sportives et culturelles étant peu abondantes dans leur environnement, un certain nombre de jeunes vivent donc dans la rue et passent le temps dans les deux stations de métro qui desservent le quartier ou dans le complexe William-Hingston, où logent une vingtaine d’organismes communautaires, dont ils fréquentent le gymnase le plus souvent possible.

À partir du secondaire, le taux de décrochage est élevé chez les garçons, et les filles sont souvent retenues à la maison pour aider la famille; 41 % des 15-24 ans de Parc- Extension ne fréquentent pas l’école à temps plein ni ne travaillent à temps plein, et 30,6 % des 20 ans et plus ont moins d’une 9e année.

Dans ce quartier où la moitié de la population n’a pas encore 35 ans, la jeunesse est quotidiennement confrontée aux problèmes de gangstérisme, de drogue et de violence. Dans les parcs et dans la rue, c’est la tolérance zéro en ce qui concerne les attroupements de jeunes.

Arts urbains, graffiti, breakdance, rap. Nombre de jeunes de Parc-Extension s’identifient à la culture hip-hop. P.E.Y.O., l’Organisation des jeunes de Parc-Extension qui accueille le Vidéo Paradiso rue Saint-Roch, offre d’ailleurs des ateliers qui alimentent leur intérêt pour cette forme d’expression artistique.

Le quartier Parc-Extension est délimité par le boulevard de l’Acadie et le boulevard Crémazie, l’avenue Beaumont et la voie ferrée qui le sépare du quartier Villeray.

Retour au haut