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Saint-Michel


Montréal

À Montréal, en 2005, le Vidéo Paradiso effectue sa première visite dans le quartier Saint-Michel, où l’accueille la TOHU. Situé dans le centre-nord de l’île, Saint-Michel est l’un des quartiers les plus denses de Montréal. C’est aussi, pour les nouveaux arrivants, une des principales terres d’accueil montréalaises.

D’abord village, puis ville de 1915 à 1968, le quartier Saint-Michel fait 9,5 kilomètres carrés. Son histoire est étroitement liée à la présence de deux carrières : si elles ont modelé sa géographie et lui ont apporté nombre de nuisances, elles ont également favorisé son développement et, à une certaine époque, fait sa fierté. Certains disent même que le boom résidentiel de l’après-guerre, tout comme la voie maritime, l’hôpital Sainte-Justine, la gare centrale et la place Ville-Marie, entre autres, sont sortis tout droit des carrières de ces carrières. À cette époque, Saint-Michel est une ville, et de nombreux ouvriers s’y installent : en moins de 20 ans, sa population passe de 6 000 à 68 000 habitants. Un parc octogonal, d’où rayonnent des rues résidentielles courbes ou circulaires, en constitue le cour et accueille son hôtel de ville. On y trouve aujourd’hui la bibliothèque Saint-Michel et l’école secondaire Joseph-François-Perreault, qui est spécialisée en musique. Après celles de Parc-Extension, les dix écoles primaires et les quatre écoles secondaires de Saint-Michel sont parmi les plus multiculturelles de Montréal.

Devenu quartier d’accueil pour les immigrants, Saint-Michel compte aujourd’hui près de 60 000 résidants, dont plus de 40 % sont nés hors du Canada. L’Italie ayant longtemps été le principal pays d’origine de ses résidants venus d’ailleurs, sa communauté italienne est importante. Cependant, à partir de 1991, Haïti a pris la relève. En 2005, les immigrants qui vivent dans Saint-Michel proviennent toujours d’Haïti dans une proportion appréciable, mais nombreux aussi sont ceux qui sont nés au Vietnam, au Portugal, au Cambodge ou au El Salvador. Et si le quartier est majoritairement francophone, 27% des enfants qui y voient le jour ont une mère dont la langue d’usage n’est ni le français ni l’anglais.

La population de Saint-Michel est relativement jeune, les moins de 19 ans en représentent plus du quart. La fréquentation scolaire y suit la tendance montréalaise, et environ le tiers des 15 à 24 ans a délaissé les études. Au total, 29 % de la population du quartier n’a pas atteint la 9e année de scolarité. Dans Saint-Michel, les revenus sont peu élevés et le taux de chômage est supérieur à la moyenne; ce quartier montréalais est l’un des plus défavorisés.

Profilage racial assez systématique autour du métro et de certains parcs ainsi que racisme font partie du quotidien des résidants de Saint-Michel, tout comme le phénomène des gangs de rue, qui témoigne de divisions culturelles, ethniques et territoriales et qui constitue un problème récurrent. Plusieurs jeunes se rassemblent cependant à travers la musique, qu’ils utilisent pour exprimer leur réalité urbaine. La drogue, la violence, les gangs de rue et la lutte des femmes font partie de leurs préoccupations.

Dans Saint-Michel, l’ère des carrières est aujourd’hui révolue. Un vaste complexe environnemental réside maintenant sur le site de l’ancienne carrière Miron. Tout près, le Cirque du Soleil a établi ses quartiers angle Iberville et Jarry et, en 2004, la TOHU a ouvert ses portes. Sa mission comporte un volet communautaire qui l’amène à contribuer à la revitalisation du quartier en misant, entre autres, sur le talent créatif et les compétences de ses jeunes.

Le quartier Saint-Michel est délimité par les avenues Papineau et Charland, par la 24e Avenue, la 25e Avenue et la rue Bélanger.

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