|
Page 1 de 5 |
 |
En 1971, le secrétaire d’État du Canada annonce une nouvelle politique de soutien à tous les groupes ethniques et toutes les cultures du pays. Cette politique de multiculturalisme doit aider à faire disparaître la discrimination et les conflits interculturels. À la suite de cette annonce, l’Office national du film du Canada met sur pied en août 1972 son programme multiculturel, lequel vise à faire connaître les films de l’ONF aux groupes ethniques du Canada en leur présentant des versions traduites dans leurs langues respectives. L’ONF décide également de produire des documentaires illustrant la vie contemporaine des diverses communautés ethnoculturelles du pays. Dans le cadre du premier volet de ce programme, 165 films sont traduits en 19 langues (dont l’espagnol, l’italien, l’ukrainien et le japonais) et distribués dans l’ensemble du pays par l’entremise des cinémathèques de l’ONF.
Pour le volet production du programme, l’ONF fait appel à des cinéastes de différents groupes culturels pour qu’ils réalisent des films sur les communautés dont ils sont issus. Il ne s’agira donc plus d’un regard porté sur telle ou telle minorité par un membre du groupe dominant, mais plutôt d’une exploration, par une personne de la collectivité, des difficultés et avantages liés à l’intégration dans la culture canadienne dominante. Dans certains cas, des réalisateurs d’une ethnie filment des gens d’une autre culture, mais ils s’attachent toujours aux mêmes thèmes : l’intégration, les difficultés et l’attachement à la mère patrie. Bref, ils nous montrent « l’expérience immigrante » au Canada à travers les yeux de ceux qui l’ont vécue.
Le cinéaste laisse les personnes qu’il filme raconter leur histoire dans leurs mots. Dans bien des films, il n’y a aucune narration, ou très peu, afin que les gens puissent parler d’eux-mêmes. Et s’il y a de la narration, c’est généralement l’un des participants qui raconte sa propre histoire. Il arrive souvent que les gens parlent dans leur langue maternelle, ce qui leur permet de mieux s’exprimer. Les réalisateurs filment leurs sujets dans l’intimité de leur foyer, souvent avec leur famille. Cela les met à l’aise et les aide à s’ouvrir davantage quand ils racontent leur histoire.
Dans certains cas, le cinéaste lui-même assume la narration de certains passages de son film, non pour se mettre au cœur de l’histoire, mais pour se rapprocher de ce que les participants disent ou font à l’écran. Il montre aussi ces derniers en interaction avec la culture dominante, au travail ou ailleurs. À travers ces échanges, nous voyons tous les défis que pose l’intégration dans un nouveau pays et les efforts que l’immigrant doit faire pour les relever. Comme en témoignent ces films, l’apprentissage de la langue de la majorité est un des principaux outils d’intégration, et ceux qui la parlent déjà en arrivant s’adaptent beaucoup plus facilement à leur nouveau milieu.
|
  Page 1 de 5  |
 |
Personne interviewée
Née au Chili et installée au Canada depuis 1973, Marilú Mallet a tourné des documentaires, des films de fiction et des documentaires-fiction. Parmi ses films les plus connus figurent Journal inachevé, primé à Biarritz, Chère Amérique, couronné à Cannes, et La cueca sola qui lui a valu de nombreux prix prestigieux ici et à l’étranger.