Québec
Jack Jedwab
Jack Jedwab est directeur général de l’Association d’études canadiennes. De 1994 à 1998, il a été directeur régional du Congrès juif canadien pour la région du Québec. Il possède un doctorat en histoire du Québec, décerné par l’Université Concordia. M. Jedwab est coférencier à l’Institut d’études canadiennes de McGill où il enseigne les sports au Canada. De 1989 à 1996, il a été professeur adjoint au Département de sociologie où il a donné un cours sur les minorités ethnoculturelles au Québec. Il est l’auteur d’articles dans des livres, des revues savantes et des journaux de toutes les régions du Canada.
Le Canada, une famille très diverse. Consigner l’expérience de l’immigration au Canada
Dans cet article, le directeur général de l’Association d’études canadiennes, Jack Jedwab, aborde l’importance de la famille, du quartier et de la collectivité pour toute personne qui s’adapte à une nouvelle vie au Canada.
|
Page 1 de 3 |
 |
On décrit souvent le Canada comme une nation d’immigrants et un pays qui célèbre sa diversité. Ça n’a pas toujours été le cas. Au début du 20e siècle, de nombreux Canadiens préféraient se conformer à la culture anglaise. Les tentatives, réelles ou perçues comme telles, pour assimiler les peuples canadien-français et autochtones ont accentué le sentiment d’aliénation à l’intérieur du pays. Au cours de la deuxième moitié du siècle, l’immigration a joué un rôle important dans la croissance de la population canadienne. Depuis 1970, les Canadiens voient de plus en plus leur pays comme une mosaïque de cultures où l’identification avec le Canada n’exige pas que l’on abandonne son héritage. Aujourd’hui, la vaste majorité des Canadiens conviennent que les immigrants enrichissent la société en apportant de nouvelles idées et de nouvelles cultures. Reconnaître les expressions multiples de la culture dans un pays dominé par les langues anglaise et française influence les débats continuels sur l’identité, tandis que nous cherchons à définir qui nous sommes collectivement.
Peu de pays encouragent la diversité culturelle au sein de la population. La plupart préfèrent favoriser l’attachement à une seule nation plutôt que la conservation d’identités ancestrales et ethniques. Le Canada fait figure d’exception. Si l’on en croit les enquêtes d’opinion, l’ouverture du Canada à l’égard de la diversité semble avoir porté fruit. À quelques exceptions près, la grande majorité des immigrants et de leurs descendants présentent un fort sentiment d’appartenance au Canada et la majorité des Canadiens sont tout à fait d’accord avec l’idée de multiculturalisme.
Mais l’idée de laisser se construire une identité double ou multiple a aussi ses détracteurs. Ceux-ci soulignent que lorsque les différences culturelles peuvent se développer sans restriction, il y a une diminution de la cohésion sociale – quelle que soit la définition de celle-ci. On entend souvent dire qu’au Canada, nous passons trop de temps à discuter de nos différences plutôt que de nous concentrer sur ce que nous avons en commun. Les débats sur l’identité ethnique ou nationale ignorent trop souvent le point de vue des immigrants. Consigner leur histoire nous permet de mieux comprendre leurs périples existentiels. Bien souvent, leur parcours est un bon exemple de ce qui est fondamentalement canadien : s’efforcer de transmettre une partie de son héritage à la génération suivante. De nombreux immigrants essaient de partager leur expérience avec la société et, ce faisant, améliorent la compréhension de la diversité de l’histoire du Canada. L’Office national du film a appuyé plusieurs initiatives visant à consigner l’expérience des immigrants et a aidé à transmettre leur histoire à un public canadien plus large.
|
Page 1 de 3 |
 |