Maritimes
Sylvia Hamilton
Cinéaste et écrivaine néo-écossaise, Sylvia D. Hamilton est reconnue pour ses documentaires primés. Elle a produit et réalisé Portia White: Think on Me, un documentaire sur une grande pionnière canadienne, la contralto Portia White. Elle a écrit dans We’re Rooted Here and They Can’t Pull Us Up: Essays in African Canadian Women’s History, ouvrage qu’elle a aussi codirigé. Le documentaire auquel elle travaille présentement, The Little Black School House, explore la question méconnue des écoles noires issues de la ségrégation raciale au Canada. Elle enseigne à temps partiel à l’école de journalisme de l’University of King’s College, à Halifax.
« Je suis quelqu’un » : La jeunesse noire et la recherche de l’identité
La cinéaste Sylvia D. Hamilton explore la vie des jeunes Noirs en quête permanente de reflets d’eux-mêmes dans leur école et dans la société. Elle insiste également sur les leçons de discrimination contenues dans le répertoire d’histoires de sa mère.
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FILM : Dites-le! Être jeunes et noirs en Nouvelle-ÉcosseÂ
« Les Noirs ont besoin de témoins dans ce monde hostile qui pense que tout est blanc. »
[Traduction libre]
James Baldwin, The Price of the Ticket
Cette phrase, qui sert d’épigraphe au film Dites-le! Être jeunes et noirs en Nouvelle-Écosse, a été prononcée par le romancier et essayiste afro-américain James Baldwin. Elle encadre les thèmes présents dans cette histoire : identité et race, contrôle de sa destinée et militantisme, de même que le désir d’appartenance. Les images d’ouverture du film, au défilement rapide, et sa conception sonore juxtaposent des représentations traditionnelles de la Nouvelle-Écosse—sur les plans visuel et verbal—à des images et à des sons qui plongent leurs racines dans une tradition africaine : le voilier Bluenose, une corne de brume, un sonneur de cornemuse et une statue sont présentés en même temps que le battement d’un tambour africain et des photographies d’archives ou contemporaines d’Afro-Néo-Écossais.
Shingai, le narrateur âgé de 16 ans, est filmé devant des décors comme le Bluenose et la Citadelle d’Halifax, lieu historique national bien connu. Ces images de la Nouvelle-Écosse tranchent fortement avec celles qui nous sont proposées dans les dépliants touristiques ou dans les différentes représentations de la Nouvelle-Écosse. Elles situent les Afro-Néo-Écossais dans les paysages néo-écossais et canadien. Elles disent : « Nous sommes d’ici, nous aussi. »
« Les manuels scolaires ne témoignent pas de notre culture. »
[Traduction libre]
Selon la tradition de l’African Baptist Church de la Nouvelle-Écosse, on encourage les personnes de tous âges à parler ouvertement de leur expérience, de « témoigner ». Les déclarations des étudiants au début du film sont des exemples de cette tradition. Ces jeunes expriment leurs points de vue avec franchise. Ils ont envie de se voir et d’être vus dans tous les aspects de la vie à l’école et dans la communauté. Ils veulent éprouver un sentiment d’appartenance plutôt que d’aliénation. Il est essentiel de se sentir voulu et valorisé pour parvenir à construire son identité personnelle et son estime de soi.Â
« Parfois, nous ignorons nous-mêmes notre propre histoire. »
[Traduction libre]
L’histoire des Néo-Écossais d’ascendance africaine est longue et profondément enracinée. Elle remonte aux premières années de la colonisation. Malgré cette histoire et malgré les nombreuses contributions apportées par les personnes de race noire à la société néo-écossaise et canadienne, les manuels scolaires en parlent rarement. Lorsqu’il en est question, c’est de façon brève et souvent sans équilibre. Fait à souligner, certaines des expériences décrites par les étudiants dans le film ne sont pas sans rappeler celles des premières générations d’Afro-Néo-Écossais, aux prises avec le même sentiment d’invisibilité.
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