D'une culture à l'autre

Glossaire de termes reliés au multiculturalisme


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POUR NOMMER LES RÉALITÉS ETHNOCULTURELLES DE NOTRE QUOTIDIEN

« Nous vivons entourés de normes, et elles sont nécessaires […] pour construire un univers international de communication. C’est la norme qui permet d’avoir des références. Or, la norme c’est l’unité. Qui dit norme, dit une seule ligne. Comment, alors, passer de ce pluralisme qui nous entoure à une norme unique, sans que cette loi ait pour effet d’isoler, de discriminer, de réduire? Comment la diversité qui compose le monde que nous souhaitons peut-elle se retrouver dans la fabrication même des normes? »

Michèle Gendreau-Massaloux, rectrice de l’Agence universitaire de la Francophonie,
« Diversité culturelle et linguistique : Quelles normes pour le français? » 

Le présent glossaire s’appuie sur l’usage et les définitions de termes ou les catégories d’identification actuels. Bien qu’il soit conçu comme un outil de référence utile, il est recommandé de privilégier les termes qu’emploient les intéressés eux-mêmes pour exprimer leur identité. 

AFRO-CANADIENS (NOIRS)
Traditionnellement, le terme « Noirs » était utilisé pour désigner toutes les personnes d’ascendance ou d’apparence africaine. Cette appellation pose cependant problème, car elle englobe toutes les personnes de race noire sans égard à leurs origines respectives. En outre, les Noirs ne sont pas tous d’ascendance africaine (certains sont d’origine caribéenne, par exemple) et on n’appelle pas « Afro-Canadiens » les Nord-Africains ou les Blancs ayant vécu en Afrique pendant des générations.

Plus récemment, on s’est efforcé de reconnaître les Afro-Canadiens dont les racines remontent au passé fondateur du Canada en tant qu’État-nation. Ainsi, le terme « Afro-Canadiens » englobe les esclaves qui ont été emmenés de force au Canada, les fugitifs, les personnes déportées de Jamaïque et forcées de s’établir en Nouvelle-Écosse et les loyalistes noirs provenant des États-Unis. Le passé de ces groupes remonte, pour les uns, à 1785, lorsqu’ils sont arrivés en Nouvelle-Écosse et pour les autres, à leur arrivée au Bas-Canada au 19e siècle.  Enfin, le terme désigne aussi les Africains qui ont immigré au cours des dernières décennies.

AFRO-CANADIENS D’ORIGINE CARIBÉENNE
L’expression « Afro-Canadiens d’origine caribéenne » désigne les Canadiens dont les origines ou la culture plonge ses racines dans la Caraïbe. Il s’agit d’une désignation plus récente, répondant à des demandes d’établir une distinction entre les groupes qui ont en commun une culture caribéenne et ceux dont les racines culturelles sont plus directement liées à l’Afrique.
 
Plutôt que de regrouper différentes cultures sous un seul nom générique qui met en valeur leur phénotype, il est préférable de préciser les différentes origines des groupes ethnoculturels : Congolais, Jamaïcains, Haïtiens, Antillais, etc.

On évite de plus en plus l’emploi des noms « Noir » et « Blanc » et on privilégie leur utilisation adjectivale; par exemple : la race noire.

BLANC (caucasien)
Le terme « blanc » est utilisé pour désigner les personnes qui ne sont pas des personnes de couleur ou qui ne font pas partie de minorités visibles identifiables. Selon la Fondation canadienne des relations raciales, « ce terme décrit les personnes appartenant au groupe dominant au Canada. Il est reconnu que de nombreuses personnes de race blanche sont elles aussi confrontées à la discrimination en raison de leur statut social, de leur sexe, de leur origine ethnique, de leur religion, de leur âge, de leur langue ou de leur origine géographique. Le fait d’être caucasien ne réduit en rien les différentes formes de discrimination affectant les peuples de certaines origines, tels les Italiens, les Portugais, les Juifs, les Arméniens, les Grecs, etc. » Le terme « blanc » est plutôt utilisé pour faire référence aux rapports inégaux de pouvoir entre le groupe dominant et les minorités. Il renvoie implicitement à la couleur de la peau comme caractéristique associée à la domination et aux privilèges.
(Fondation canadienne des relations raciales)

CANADIENS D’ORIGINE ÉTRANGÈRE (par exemple : Chinois, Nigérians, Roumains)
Ce terme s’applique aux Canadiens nés ailleurs et qui ont été naturalisés après avoir immigré. Cependant, comme beaucoup de Canadiens sont nés à l’étranger et que beaucoup ont immigré au Canada, il est plus juste de parler d’eux en tant que Canadiens, à moins qu’ils ne souhaitent être désignés autrement.

COMMUNAUTÉS CULTURELLES – GROUPES ETHNIQUES
Ces expressions désignent des groupes et des communautés d’immigrants au sein desquels s’expriment une identité culturelle distincte et un patrimoine commun. Elles ne s’appliquent pas aux groupes fondateurs, c’est-à-dire aux Français, aux Anglais et aux Autochtones. Le terme « communautés culturelles » est très répandu au Québec et on le retrouve dans un certain nombre de documents de politique. Dans les autres provinces, on utilise de la même façon les termes « minorités ethniques » et « minorités visibles » pour désigner les groupes issus de l’immigration qui ont des origines culturelles particulières.
(Association multiculturelle de l'Ontario. Glossary of Terms)

COULEUR
Tout comme la race et l’origine nationale ou ethnique, la couleur fait partie des onze motifs de distinction illicite visés par la Loi canadienne sur les droits de la personne qui, par ailleurs, ne comporte aucune définition de ce terme. Elle est aussi désignée comme motif de discrimination dans diverses conventions internationales dont le Canada est l’un des pays signataires. En gros, « couleur » renvoie au teint des personnes et en particulier de celles dont la peau n’est pas blanche. Toute discrimination fondée sur la couleur de la peau équivaut donc à du racisme.
(Commission canadienne des droits de la personne)

CREUSET / « MELTING-POT »
Les termes « creuset » et « melting-pot » font référence à l’idée selon laquelle les immigrants et les autres groupes minoritaires sont « absorbés » au sein d’une société dominante intégrée. La formule du creuset est aujourd’hui fortement critiquée parce que jugée assimilationniste et raciste.
(BBC News. Migration Glossary)

Le terme « melting-pot » est une métaphore utilisée d’abord pour décrire un idéal en matière de relations raciales aux États-Unis, selon lequel les groupes perdraient ce qui les distingue en se fondant dans le groupe dominant, plus nombreux. Au bout du processus, la fusion de toutes les différences produirait une nation plus forte et plus unie. Cependant, il est manifeste que les différences ne sont pas « fusionnables », étant donné les grandes disparités entre les groupes et la persistance de la discrimination à l’endroit des personnes de couleur et des minorités religieuses ou sexuelles.
(Augie Fleras et Jean Leonard Elliot. Unequal Relations, 2e éd., Scarborough (Ont.), Prentice Hall, 1996)

DIVERSITÉ CULTURELLE
Au Canada, la notion de diversité culturelle renvoie à la présence dans notre société de minorités ethniques, culturelles et raciales ainsi que de peuples autochtones.
(Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes

L’expression est aussi employée dans la Déclaration universelle sur la diversité culturelle adoptée par l’UNESCO en 2001. Dans ce contexe et en ce qui a trait à la réalité canadienne, la Déclaration interprète la diversité comme étant incarnée dans l’originalité et la pluralité des identités qui caractérisent les groupes et les sociétés. Le pluralisme culturel en tant qu’expression de la diversité culturelle repose sur l’inclusion et la participation de tous les citoyens; il facilite les échanges culturels qui entraînent la créativité et l’innovation.
(Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme; texte français)

DOMINANT
En sociologie, un groupe dominant est un groupe qui détient le pouvoir et l’autorité qui lui permettent de reproduire la répartition du pouvoir, de la richesse et de la hiérarchie existant dans une société. Le groupe dominant est souvent, mais pas nécessairement, le groupe le plus nombreux. Dans le passé, les francophones du Québec constituaient la majorité démographique et politique, mais sur le plan sociologique, jusqu’à la Révolution tranquille des années 1960, ils constituaient un groupe minoritaire, une « majorité minoritaire ».
(Association multiculturelle de l’Ontario. Glossary of Terms)

ETHNICITÉ
L’ethnicité fait référence à l’identité et à l’organisation qu’une communauté se donne sur la base des caractéristiques physiques ou culturelles que ses membres ont en commun. Ces caractéristiques comprennent, entre autres, un système commun de croyances, des valeurs, des pratiques, une religion, une langue, une ascendance et une patrie communes. L’ethnicité est une notion mouvante influencée par les changements dans les flux d’immigration, par les unions interethniques et par la situation politique. La culture et l’ethnicité sont deux notions qui se chevauchent, mais l’ethnicité renvoie à une expression plus consciente de la culture, qui varie selon la position, la classe, la religion et les antécédents des individus appartenant à une communauté donnée.
(Augie Fleras et Jean Leonard Elliot. Unequal Relations, 2e éd., Scarborough (Ont.), Prentice Hall, 1996)

ETHNOCULTUREL
Voir, ci-dessus, Communautés culturelles – groupes ethniques. 
Selon l’Agence du revenu du Canada, une communauté ou un groupe ethnoculturel « se définit par des caractéristiques communes propres au groupe ou reconnues par lui, notamment les traditions culturelles, l'origine ancestrale, la langue, l'identité nationale, le pays d'origine et les traits physiques.
Dans la mesure où la religion est inextricablement liée à l'identité raciale ou culturelle du groupe, elle peut être reconnue comme une caractéristique déterminante. Il arrive parfois qu'un groupe considère son origine commune comme pan-nationale ou comme rattachée à une région géographique particulière. En général, ces caractéristiques sont fondamentalement ce qui distingue un groupe d'un autre sur le plan culturel.
Le terme "ethnoculturel" englobe parfois des groupes qui se qualifient d’"ethnoraciaux" ou de "racialisés". Certains utilisent ces termes de préférence au vocable "ethnoculturel" pour bien faire comprendre que les groupes reconnaissables par une caractéristique visible (bien souvent la couleur de la peau, mais aussi d'autres traits physiques communs) sont plus susceptibles d'être victimes de discrimination ou défavorisés. »
(Agence du revenu du Canada)

INUITS
L’Organisation nationale de la santé autochtone précise que « Les Inuits sont des Autochtones qui vivent dans l'Arctique canadien. Ils habitent surtout dans les Territoires du Nord-Ouest, le Nunavut, le nord du Québec et dans presque tout le Labrador. […] Les Inuits ne sont pas visés par la Loi sur les Indiens. Cependant, en 1939, la Cour suprême du Canada a statué sur les pouvoirs du gouvernement fédéral en décrétant que les lois concernant les Indiens et les terres qui leur sont réservées s’appliquent aussi aux Inuits.
InukInuk est le singulier du mot Inuit. Le mot Inuk s'emploie pour désigner une seule personne; Inuuk, pour désigner deux personnes; et Inuit, pour désigner trois personnes ou plus.
Inuktitut – Le mot inuktitut désigne la langue des Inuits. […]
Le mot Inuit signifie « hommes » ou « peuple » en inuktitut et c’est le terme qu’ont choisi les Inuits pour se désigner eux-mêmes. »
Pour favoriser l’intégration du terme dans la langue française, l’adjectif et le nom inuit s’accordent en genre et en nombre : une Inuite, des chants inuits, la culture inuite. Selon l’organisme inuit Tapiriit Kanatami, le nom propre Inuits s’emploie généralement seul. Il faut donc éviter l’expression peuple inuit, car il s’agit d’une redondance; on recommande plutôt de dire « les Inuits ».
(Organisation nationale de la santé autochtone. Guide terminologique)

MÉTIS
Les Métis sont des personnes d’ascendance mixte, c’est-à-dire autochtone et européenne. Dans le contexte canadien, les ancêtres des Métis sont nés de l’union d’hommes blancs engagés dans le commerce des fourrures – Français, Anglais ou Écossais – et de femmes de diverses nations autochtones : Cris, Ojibwas, Saulteux, Assiniboines, ou encore Dénés, dans le Nord.
(Turtle Island Productions)

La Constitution canadienne reconnaît les Métis comme l’un des trois groupes autochtones.
(Bibliothèque et Archives Canada – La Confédération canadienne)

En anglais, on conservera l’accent aigu sur le terme Métis. Cependant, il faut respecter le nom légal d'organismes anglophones comme le Metis Council of Ontario et la Metis Association of the NWT.

MINORITÉ(S)
Ce terme ne fait pas référence à la taille d’une population, mais plutôt à son statut minoritaire. Les groupes minoritaires sont ceux dont les membres sont perçus comme différents, occupent une place inférieure dans la société et sont en général défavorisés, victimes de discrimination, exclus ou exploités. Ces groupes n’ont pas accès au pouvoir, à la richesse ou aux privilèges.
(Augie Fleras et Jean Leonard Elliot. Unequal Relations, 2e éd., Scarborough (Ont.), Prentice Hall, 1996)

La Fondation canadienne des relations raciales précise que, selon l’usage courant, les termes « minorité raciale » ou « minorité visible » s’appliquent aux personnes « qui ne sont pas de race blanche ou qui n’ont pas la peau blanche »; le terme « minorité linguistique » s’applique aux groupes dont la langue maternelle n’est pas l’anglais (ou le français au Québec).
(Fondation canadienne des relations raciales. Glossaire)

MINORITÉS VISIBLES
Selon Ressources humaines et Développement social Canada, « “Membres de minorités visibles” s'entend des personnes qui ne sont pas de race blanche ou de race caucasienne et ne sont pas des autochtones ».
(Ressources humaines et Développement social Canada)

Le terme « minorité visible », utilisé au Canada dans les textes législatifs et les statistiques officielles, en est venu à dénoter communément le fait d’être « non blanc ». On l’emploie également pour désigner des personnes considérées comme victimes de discrimination raciale.

La Loi sur l’équité en matière d’emploi (1995) établit ce qui suit : « Font partie des minorités visibles les personnes, autres que les autochtones, qui ne sont pas de race blanche ou qui n’ont pas la peau blanche. »
Des membres des communautés en cause et des universitaires ont critiqué cette expression, et en particulier le fait qu’elle traite de façon homogène une grande variété de personnes, qu’elle exclut d’autres groupes qui sont également l’objet de discrimination raciale, qu’elle représente un concept « racial », c’est-à-dire construit sur une catégorisation de race, qu’elle sert d’euphémisme à la notion de race et qu’elle permet ainsi de contourner le problème du racisme.
(Karim H. Karim. La définition de minorité visible : une analyse historique et culturelle, Recherche et analyse stratégiques (RAS), Planification stratégique et coordination des politiques, Ministère du Patrimoine canadien)

Plus généralement, les termes « minorité ethnoraciale » ou « minorité racialisée » sont employés pour désigner les minorités regroupant des personnes de couleur ou qui ne sont pas de race blanche et qui ne sont pas des autochtones.

MOSAÏQUE
Au figuré, ce terme fait référence à un arrangement idéal selon lequel différents groupes ethniques et raciaux coexistent en harmonie et sur un pied d’égalité. Chaque groupe conserve son patrimoine culturel tout en contribuant à la mosaïque, sans devoir s’assimiler ni effacer ses caractères distinctifs. Les premières politiques du Canada sur le multiculturalisme étaient très marquées par la notion de mosaïque. Il est devenu évident, cependant, que la métaphore de la mosaïque est impuissante devant les inégalités qui existent entre les différents groupes au sein de la société. Un auteur a qualifié cette situation de mosaïque verticale, alors qu’une autre spécialiste a signalé les inégalités entre hommes et femmes qui lui sont inhérentes.
John Porter. The Vertical Mosaic : An Analysis of Social Class and Power in Canada, Toronto, University of Toronto Press, 1965.
Roberta Hamilton. Gendering the Vertical Mosaic : Feminist Perspectives on Canadian Society, Toronto, Copp Clark, 1996.

MULTICULTURALISME
Le glossaire de l’organisme Diversity at Work (diversité en milieu de travail) présente le multiculturalisme comme faisant partie d’une politique adoptée par le gouvernement fédéral en 1971 et qui reconnaît que bon nombre de Canadiens de différentes origines ethniques ne bénéficient pas d’un accès égal aux ressources et aux possibilités. Cette politique préconise une véritable reconnaissance des contributions de ces Canadiens, la préservation de certaines formes d’expression de leur ethnicité et un traitement plus égal de tous les Canadiens. Depuis 1971, les limites de cette notion sont devenues de plus en plus manifestes. Premièrement, elle ne reconnaît pas explicitement le rôle important que joue le racisme en tant qu’obstacle à la concrétisation de cette vision. Deuxièmement, elle véhicule une conception statique et limitée de la culture, qui serait fragmentée et se confinerait à l’ethnicité. Troisièmement, elle ne tient pas suffisamment compte des formes institutionnelles de la discrimination raciale, mettant plutôt l’accent sur l’expression et l’expérience individuelles de cette discrimination.
(Diversity at Work. Diversity Glossary)

Le terme « multiculturalisme » peut avoir deux sens distincts mais liés. D’une part, il fait référence à une situation de pluralisme culturel et aux attitudes de tolérance qui rendent cette situation possible. D’autre part, il désigne un ensemble de politiques adoptées par le gouvernement fédéral pour aider tous les groupes culturels du Canada à croître et à apporter leur contribution au pays ainsi qu’à surmonter les obstacles culturels et à devenir des membres à part entière de la société canadienne. Si le premier sens fait pratiquement l’unanimité, les conséquences des politiques que recouvre le second sens suscitent au contraire beaucoup de controverse.
(Université Athabasca. Online Dictionary of the Social Sciences)

PERSONNES DE COULEUR
Le City of Toronto Task Force on Community Access & Equity (groupe de travail sur l’accès et l’équité de la Ville de Toronto) précise que l’expression « personnes de couleur » renvoie aux membres des « minorités raciales », autres que les Autochtones, qui ne sont pas de race blanche et n’ont pas la peau blanche, et qui s’identifient comme minorités raciales ou acceptent de l’être. Dans le contexte canadien, le terme désigne un groupe de personnes qui, en raison de leurs caractéristiques physiques, sont susceptibles d’être l’objet d’un traitement « différentiel » et inégal.
(Glossary of Access and Equity Terms – City of Toronto Task Force on Community Access & Equity (1998-1999))

Aux États-Unis, par opposition, l’expression « personnes de couleur » est souvent utilisée pour désigner  de manière indistincte toutes les « minorités raciales » ainsi que les peuples autochtones. Plus souvent encore, cette expression sert de programme de solidarité fondé sur la reconnaissance d’expériences communes d’exclusion et de discrimination que les membres de ce groupe rencontrent dans leur quotidien. Autrement dit, on en fait un usage plus politique et orienté vers la mise en lumière de la situation de défavorisés des minorités raciales par rapport à la société dominante. Toutefois, il faut noter que l’expression « personnes de couleur » est différente du terme anglais « colored people», dont le sens s’est formé à l’époque de l’apartheid en Afrique du Sud et dont l’équivalent français est « métis »; aux États-Unis également le terme « colored people » désignait des personnes d’ascendance mixte.

PREMIÈRES NATIONS
Ce terme s’est propagé dans les années 1970 afin de remplacer les mots « Indiens » et « bande », que certains trouvaient offensants. Il traduit d’une manière générale la notion de peuples indigènes en tant que premiers habitants du territoire. Ce terme n’englobe ni les Métis ni les Inuits, bien qu’ils soient aussi des peuples autochtones. Enfin, il n’est pas défini dans la Loi constitutionnelle du Canada.

Nombreux sont les Amérindiens qui préfèrent aujourd’hui être désignés comme membres des Premières nations plutôt que comme Indiens. Le terme « Premières nations » s’emploie généralement pour désigner à la fois les Indiens inscrits et les Indiens non inscrits.

À noter qu’il est recommandé d’écrire Première nation avec un p majuscule et un n minuscule lorsqu’on l’emploie dans le sens de premiers peuples, et ce, pour ne pas confondre avec l’Assemblée des Premières Nations, organisation nationale qui représente plusieurs communautés autochtones canadiennes, mais non les Métis ni les Inuits.
(Terminologie autochtone – Affaires autochtones et du Nord Canada)


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