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Films d'auteurs et militantisme

Un parti pris
Produit par le studio documentaire d’Edmonton en 2001, Scénario catastrophe (visionnez un extrait), de la cinéaste Glynis Whiting, sympathise également avec un groupe de pression. Le film suit le combat que mène les membres d’une petite communauté de l’Alberta contre le projet de Shell Canada de forer un puits d’exploration de gaz sulfureux. Craignant une explosion qui pourrait laisser échapper dans l’air des quantités importantes d’hydrogène sulfuré (un gaz mortel), ce groupe de citoyens s’oppose fermement à l’implantation d’un tel puits au cœur de leur communauté. Narré par l’environnementaliste David Suzuki, le film se range du côté des opposants. En effet, il s’attarde sur les inquiétudes et les revendications des citoyens ainsi que sur les dangers que représente l’exploitation des gaz sulfureux, sans jamais parler des avantages du projet de la grande société pétrolière.

Comme de la fiction
Avant d’aller plus loin, il est intéressant de noter que certains documentaires des années 1990 et 2000 possèdent la particularité d’être proche, dans leur facture, du film de fiction. Scénario catastrophe (visionnez un extrait) possède cette caractéristique. Le film est construit comme un film de fiction. Il raconte une histoire, celle d’une petite communauté qui veut vivre dans un environnement sain et sécuritaire. Il met en scène des personnages : de simples citoyens et des représentants de Shell. Il s’intéresse au conflit qui les oppose. Le conflit est toujours le moteur d’une bonne histoire. Il crée un suspense en suivant pas à pas les délibérations de la Commission de l’énergie et des services publics de l’Alberta qui doit donner son aval au projet de Shell. Enfin, il se termine par le dénouement de la crise.

Film d’auteur
Le documentaire des années 1990 et 2000 est aussi un documentaire d’auteur. Les cinéastes signent des films personnels où ils sont parfois les personnages principaux des histoires qu’ils racontent. Issu du programme Nouveaux cinéastes en Acadie en 2001, Quelque chose dans l’air (visionnez un extrait) de Sylvie Dauphinais est un bon exemple de ce type de films. Résidente de l’Île-du-Prince-Édouard, la réalisatrice s’interroge sur les dangers des épandages massifs d’insecticides pour la santé des enfants de l’île. Mais l’engagement de la cinéaste ne s’arrête pas au simple fait qu’elle habite les lieux menacés par de telles pratiques. Elle est personnellement touchée par le sujet.

Une histoire vécue
Originaire de Montréal, Sylvie Dauphinais vient s’installer à l’Île-du-Prince-Édouard dans les années 1980. En quelques années, elle voit la santé de son fils se détériorer. L’enfant éprouve de graves problèmes respiratoires. Le médecin qui le soigne diagnostique une allergie à « quelque chose » dans l’air… En 1998, la militante environnementaliste Sharon Labchuk pose nue dans un champ de pommes de terre affublée d’un masque à gaz, voulant ainsi montrer que l’air est contaminé par des substances cancérigènes résultant d’un épandage massif d’insecticides. Lorsqu’elle voit cette photo, un déclic se produit. Et si c’était là la cause de l’état de santé de son fils? Elle décide alors de tourner un documentaire afin de sensibiliser la population de l’île, de contribuer à la mobilisation et de faire changer les choses.

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