Valenciennes 2
Le film
Année
1918
Durée
09 min 36 s
Compagnie de production
Canadian War Records Office, Ministry of Information
Après l’Armistice, les dignitaires se rendirent sur les champs de bataille. Les officiers supérieurs et les hommes d’État britanniques, français, américains, canadiens et belges visitèrent les tranchées et saluèrent les troupes. Le roi George V se rendit au front et assista à un exercice d’infanterie et de chars d’assaut. Le prince de Galles passa les troupes en revue et les enfants de Valenciennes lui offrirent d’innombrables bouquets de fleurs (leur provenance, en novembre 1918, après quatre ans d’occupation allemande reste un mystère). La guerre était terminée, l’Allemagne vaincue, et le Canada avait perdu 60 000 hommes. Il restait maintenant aux hommes d’État d’établir une paix durable.
Un peu d'histoire
Les commandants
Patrick H. Brennan
Historien militaire
Lorsque le Corps expéditionnaire canadien commence à prendre forme à l’automne 1914, la majorité de ses futurs commandants sont encore attachés à la carrière commerciale ou professionnelle qu’ils poursuivaient quelques semaines auparavant. Même ceux qui ont acquis une certaine expérience dans la milice avant la guerre sont encore des guerriers amateurs, et il leur faut apprendre à commander à des soldats tout en faisant la guerre pour vrai. Le combat se révélera un maître cruel et impitoyable et les erreurs qu’ils feront en apprenant à commander coûteront des vies humaines.
Arthur Currie commence la guerre au commandement d’une brigade de 4 000 hommes. Il a été nommé sur la recommandation de Garnet Hughes, un de ses camarades officiers de milice en Colombie-Britannique et fils du ministre de la Milice et de la Défense, sir Sam Hughes, un homme imprévisible, manipulateur et incompétent sur le plan militaire. Au début de la guerre, Hugues choisit lui-même presque tous les officiers supérieurs de l’armée, dont un nombre beaucoup trop important sont des amis personnels et des membres de son entourage politique qui se révéleront inaptes au commandement et devront éventuellement être remplacés. Rien dans les antécédents d’Arthur Currie, instituteur et courtier en immeubles possédant une vague expérience de la milice, ne lui donne une avance particulière. Dans les faits, il se révélera un apprenti diligeant et un meneur extraordinaire dont les compétences militaires s’apanouiront rapidement. Dès 1916, on reconnaît en lui le meileur des officiers supérieurs canadiens. Un an plus tard, il est l’homme tout désigné pour devenir le premier Canadien à commander le Corps expéditionnaire, une responsabilité dont il se chargera avec distinction pendant toute la durée de la guerre.
Au moment où les Canadiens s’efforcent désespérément de surmonter leur inexpérience, ils ont la chance d’être encadrés par des officiers britanniques très compétents, tels que le lieutenant-général Julian Byng et son chef d’état major, le major-général Percy Radcliffe. Militaires de profession et de grande valeur, ils recrutent les commandants Canadiens les plus prometteurs, les guident et, lorsqu’ils démontrent ce dont ils sont capables, leur confient des commandements comportant plus de responsabilités. C’est ainsi que, dès 1917, le Corps canadien regroupe une réserve d’officiers de commandement canadiens compétents et aguerris. Deux des commandants de brigade, les brigadiers-généraux James MacBrien et Victor Odlum, sont très représentatifs de ce groupe. MacBrien fait partie de la poignée de Canadiens qui étaient soldats de profession avant la guerre. Après avoir été officier d’état-major, MacBrien reçoit de Byng le commandement de la 12e brigade d’infanterie en septembre 1916, tout juste avant que cette unité reçoive son baptême du feu. Quant à Odlum, après avoir servi durant la guerre d’Afrique du Sud, il est retourné à Vancouver où il a mis sur pied une société prospère dans le secteur financier et des assurances. Au sein du 7e bataillon, il participe à la première bataille canadienne d’Ypres et prend le commandement du bataillon lorsque le lieutenant-colonel McHarg est tué. Byng l’élève au commandement de la 11e brigade en juillet 1916 et, comme MacBrien, il commandera sa brigade jusqu’à l’armistice. D’un naturel studieux et réservé, MacBrien se révèle doué pour la formation et la planification. Par contraste, Odlum est un commandant fougueux et intrépide sur le champ de bataille et ses blessures en sont la preuve. Même s’ils emploient deux styles de commandement très différents, l’un et l’autre sont efficaces.
Contrairement à ce qui se passait dans les guerres antérieures, les généraux ne sont pas en mesure de contrôler les attaques qu’ils lançent, en raison de l’ampleur des batailles de la Première Guerre mondiale et de la rupture des communications pendant les combats. Ce qu’ils peuvent faire, cependant, c’est d’employer les semaines précédant un assaut pour se préparer à tous les imprévus possibles sur le champ de bataille – en d’autres termes, de mettre l’accent sur la planification et l’entraînement approfondis. Vers la fin de 1916, les forces de l’Empire britannique adoptent de nouvelles tactiques de combat, plus efficaces. Cela s’applique particulièrement au Corps canadien, où Byng, Radcliffe et Currie ont instauré un système hautement efficace « d’apprentissage organisé ». Les officiers et les soldats engagés dans le combat remplissent des rapports précis « d’après combat », exposant en détail ce qui a réussi et ce qui a échoué. Qu’il s’agisse de tactiques ou d’armements, les commandants du Corps attachent une grande importance au fait d’imaginer de meilleures façons de combattre et souligne, pour le bénéfice de chaque officier et de chaque soldat, à quel point il est vital d’absorber les leçons de « l’école du champ de bataille » pour la survie et le succès de tous les hommes. Dorénavant, une chose valable apprise par un bataillon sera rapidement adoptée par les autres, du simple fait qu’elle sera intégrée dans l’instruction militaire de tous. Autrement dit, les leçons apprises d’une manière organisée sont également mise en pratique d’une manière organisée. Plus que tout autre facteur, la maîtrise de cette « courbe d’apprentissage » sera responsable de la transformation du Corps canadien, de la foule d’amateurs enthousiastes qu’il était, en une force d’attaque d’élite, les « troupes de choc » de l’Empire britannique. Les officiers, et en particulier les commandants supérieurs, y auront joué un rôle indispensable.
Un groupe de commandants partage la double responsabilité de préparer à la fois leurs soldats et de les diriger au combat – les commandants des 48 bataillons d’infanterie du Corps. Des quelque 200 hommes qui commandent un bataillon canadien, 22 sont tués au combat et plusieurs autres sont blessés. Avec les officiers subalternes sous leurs ordres, ils sont en charge de la majeure partie du véritable entraînement des soldats au combat. Ils assument également la responsabilité cruciale de maintenir la santé, le moral et la fierté d’unité de leur hommes, et organisaient souvent des sports, des concerts et d’autres divertissements avec cela en tête. Les commandants de bataillons sont en fait les officiers de plus haut rang que leurs hommes connaissent vraiment et voient régulièrement et qui partagent avec eux les risques quotidiens et les conditions de vie précaires du front. Par conséquent, c’est auprès de leurs commandants que les soldats puisent confiance et inspiration, et un commandant de bataillon brave et adroit peut motiver ses hommes dans les conditions les plus épouvantables. Le lieutenant-colonel Cyrus Peck est ce genre d’officier. Il s’est engagé dans le 16e bataillon en 1914, se bat dans ses rangs à Ypres et le commande de novembre 1916 jusqu’à la fin de la guerre. Bien que Peck, trapu et portant des moustaches à la gauloise, est loin d’être le commandant qui a le plus l’allure militaire, il est intrépide et aucun de ses soldats ne se demande qui est à la tête de leur unité. Durant la tempête de la ligne Drocourt-Quéant, le 2 septembre 1918, son leadership mérite à Peck la Croix de Victoria. Lorsque la résistance allemande tenace et acharnée bloque l’avance de son bataillon, il s’expose aux tirs de l’artillerie lourde et des mitrailleuses pour reconnaître les positions ennemies, puis réorganise ce qu’il reste de son unité et la conduit vers la capture et le maintien de son objectif.
Les armées sont des organisations hiérarchiques, et la qualité du commandement joue un rôle énorme dans leur succès final. Même les soldats les plus braves et les mieux équipés vont échouer au combat si on leur demande d’exécuter un plan qui a des lacunes ou si les officiers qui les dirigent dans le feu du combat prennent de mauvaises décisions. Au fur et à mesure que la guerre progresse, les meilleurs commandants se hissent jusqu’au sommet du Corps canadien. Par conséquent, la planification est saine et les soldats canadiens sont prêts à utiliser, au combat, les tactiques les plus efficaces apprises dans des expériences antérieures de combat. Une fois la bataille engagée, une direction brave et compétente de la part de commandants de bataillons et d’officiers subalternes qui suivent leurs ordres contribue puissamment à atteindre la victoire. Les deux dernières années de la guerre, la qualité du commandement à l’intérieur du Corps canadien est extraordinaire, comme l’atteste une série de victoires.
Repères bibliographiques
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Swettenham, John. McNaughton, Vol. I: 1887-1939. Toronto: The Ryerson Press, 1968.
Tremblay, Yves. “Brutinel: A Unique Kind of Leadership.” in Warrior Chiefs. Bernd Horn and Stephen Harris, eds. Toronto: Dundurn Press, 2001.
Les troupes montées canadiennes
Major Michael R. McNorgan
Auteur/Historien
Instructeur, Collège militaire royal du Canada
LA CAVALERIE
Au début de la Première Guerre mondiale, la cavalerie est encore la principale branche mobile d’une armée. Cependant, après le début de la guerre statique des tranchées sur le front occidental, à la fin de 1914, – avec des barrières de gros fils barbelés et de nombreuses mitrailleuses protégeant les ouvrages défensifs – l’utilité de la cavalerie sur le champ de bataille diminue de beaucoup. On maintient néanmoins toute la force de la cavalerie, car on espère constamment pouvoir faire une brèche dans le front ennemi et prendre à rebours ses lignes défensives. Par conséquent, pour pratiquement toutes les opérations offensives majeures de la guerre, des divisions de cavalerie sont gardées en réserve.
Le Canada a fourni deux groupes de cavalerie distincts pendant la guerre : la Canadian Cavalry Brigade et un régiment de cavalerie indépendant nommé Canadian Light Horse.
Canadian Cavalry Brigade
Formée en Angleterre au cours de l’automne 1915, cette brigade est constituée d’unités permanentes de combattants, the Royal Canadian Dragoons et Lord Strathcona’s Horse, auxquelles se joint la Royal Canadian Horse Artillery. Au début de 1916 s’ajoutent le Fort Garry Horse, un régiment de milice de Winnipeg, de même que le Cavalry Brigade Machine Gun Squadron, équipé de mitrailleuses Vickers. La Canadian Cavalry Brigade fera partie d’une division de cavalerie britannique pour le reste de la guerre. Sa première intervention à cheval a lieu sur la Somme, au cours de l’été 1916. Lorsque les unités de cavalerie ne sont pas appelées à titre de forces de réserve au cours d’une offensive, on emploie leurs soldats sans montures pour occuper des secteurs calmes du front.
La Brigade est de nouveau appelée à intervenir à cheval en mars 1917, alors qu’on lui confie la tâche de poursuivre la retraite inopinée des Allemands vers une nouvelle position défensive appelée ligne Hindenburg. Au cours de cette poursuite, le lieutenant Harvey, du Lord Strathcona’s Horse, obtient la première Croix de Victoria de la brigade pour sa vaillance au cours de la libération d’un village français. Au moment de la bataille de Cambrai, en novembre 1917 – mieux connue comme première grande offensive de chars d’assaut de la guerre –, la Canadian Cavalry est déjà considérée comme l’une des meilleures brigades de la cavalerie britannique et elle a pour fonction de prendre la tête d’une grande force de cavalerie d’exploitation. Pendant cette opération, un seule unité de cavalerie franchit les lignes allemandes, et c’est un escadron canadien; le lieuteant Strachan, du Fort Garry Horse, se voit alors décerner la Croix de Victoria pour sa bravoure.
La brigade se distingue brillamment au cours de l’offensive de mars 1918 contre Amiens, se déplaçant d’un endroit à l’autre et contribuant à ralentir l’inlassable avance ennemie. Sa dernière intervention au cours de cette opération se déroule dans le bois de Moreuil, où le lieutenant Flowerdew, du Lord Strathcona’s Horse, reçoit la Croix de Victoria à titre posthume après avoir dirigé bravement une charge de cavalerie contre les mitrailleuses allemandes. Après la guerre, le maréchal Foch, commandant suprême des armées alliées, accordera aux Canadiens le mérite d’avoir freiné l’offensive allemande à Moreuil et empêché la séparation des armées française et anglaise. Au cours de la dernière année de guerre, la Canadian Cavalry Brigade est de nouveau en action durant la grande victoire du Corps canadien contre les Allemands à Amiens, en août, et joue un rôle important en suivant la déroute allemande au cours des deux derniers mois de la guerre.
Canadian Light Horse
Jusqu’en mai 1916, trois des quatre divisions d’infanterie du Corps canadien maintiennent leur propre escadron de cavalerie de 150 soldats de tous niveaux. Ces escadrons – du 19e Alberta Dragoons, du 1er Hussards et du 16e Light Horse – sont alors intégrés dans un régiment nouvellement formé qui relève directement du poste de commandement du Corps canadien. Au début de 1917, cette unité reçoit le nom de Canadian Light Horse.
Sa première intervention à titre d’unité à cheval se réalise lorsque l’armée consolide le terrain capturé au cours de l’attaque de la crête de Vimy, en avril 1917. Le Canadian Light Horse joue un rôle important dans les combats le 10 octobre 1918, à Iwuy, où a lieu la dernière charge sabre au clair de la cavalerie canadienne de toute l’histoire. Dans la poursuite des Allemands, au cours du dernier mois de la guerre, les escadrons de la Canadian Light Horse se trouvent toujours loin devant, comme un corps d’éclaireurs, et s’assurent que les divisions canadiennes ne seront pas prises par surprise par les patrouilles allemandes couvrant le repli des troupes ennemies. Le 11 novembre 1918, lorsque la guerre se termine pour les Canadiens à Mons, en Belgique, le Canadian Light Horse se trouve déjà bien au-delà de la ville.
LES CHARS D’ASSAUT
Les véhicules de combat blindés modernes – chars d’assaut et voitures blindées – doivent leur évolution en partie aux impasses créées sur le front occidental par la combinaison mortelle des mitrailleuses et des épaisses ceintures de barbelés protégeant les lignes de tranchées, et par les bombardements massifs de l’artillerie qui peuvent être lancés avec beaucoup de précision sur les attaquants. Depuis la fin de 1914, des scientifiques britanniques s’interrogeaient sur la manière de renforcer un contingent offensif pour qu’il parvienne à traverser des tranchées bien défendues. Ils en sont venus à l’idée d’un « vaisseau terrestre » – un véhicule chenillé protégé par un blindage et assez gros pour transporter des fusils ou des mitrailleuses, passer par-dessus les ceintures de barbelés et traverser les tranchées. Ce véhicule hautement secret reçoit le nom de code « tank ».
Les tanks sont d’abord introduits en nombres limités durant la bataille de la Somme, à la mi-septembre 1916, et le Corps canadien en reçoit sept (de modèle Mark I) pour son offensive sur le village de Courcellette. Mais les premières versions se révèlent de véritables cauchemars sur le plan mécanique; presque tous tombent en panne avant même d’approcher les lignes allemandes. Malgré tout, les chercheurs continuent à améliorer les dessins de leur tank. En novembre 1917, enfin, on utilise un grand nombre de chars d’assaut dans une offensive réussie à Cambrai : l’ère de la guerre mécanisée est née. Ensuite, les chars d’assaut jouent un rôle majeur à la bataille d’Amiens, en août 1918, dans la percée de la ligne Hindenburg en septembre et dans la poursuite des troupes allemandes en retraite, en octobre et novembre 1918.
Au début de 1918, nombreux sont ceux qui pensent que la guerre pourrait bien se prolonger jusqu’en 1919, et le Corps canadien accepte d’augmenter les unités de blindés. Le premier bataillon canadien de blindés est recruté chez des étudiants d’université et, en juin 1918, il est envoyé en Angleterre pour commencer son entraînement à la British Tank School. Malgré les réticences croissantes des Canadiens à se porter volontaires à ce stade de la guerre, un 2e bataillon est aussi formé. Le 1er Bataillon de blindés vient tout juste de terminer son entraînement et se prépare à partir pour le front lorsque l’armistice est proclamée le 11 novembre 1918. Cependant, même si aucune unité canadienne de blindés n’a participé activement à la guerre, de nombreux Canadiens ont servi dans des bataillons britanniques de blindés, et à un certain nombre d’occasions, ont manifesté leur nationalisme en peignant des feuilles d’érable bien en vue sur leurs véhicules.
LA BRIGADE DE MITRAILLEUSES MOTORISÉES
En 1914, le Canada crée la première unité blindée au monde. L’âme dirigeante de cette réalisation est Raymond Brutinel, ingénieur fortuné originaire de France, qui fait l’hypothèse que des véhicules blindés légers pouvant transporter des mitrailleuses se révéleront particulièrement utiles. Il offre au gouvernement d’amasser les fonds nécessaires pour la construction des véhicules, offre qui est acceptée immédiatement. Brutinel dessine les véhicules et les fait construire, achète les mitrailleuses et recrute les soldats, le tout en deux mois. Sa nouvelle unité est appelée « Automobile Machine Gun Brigade No. 1 » (brigade de mitrailleuses automobiles no 1). Au cours des mois suivants, trois autres unités mobiles de mitrailleuses sont formées et financées par souscription privée – la batterie Eaton, la batterie Borden et la batterie Yukon. Les quatre unités se retrouvent en France où, en 1915, elles sont intégrées, sous le commandement de Brutinel, sous le nom de Canadian Motor Machine Gun Brigade (brigade canadienne de mitrailleuses motorisées).
Les mitrailleuses motorisées de Brutinel interviennent de façon indépendante au cours de la dernière année de la guerre, lorsque l’impasse de la guerre de tranchées a cédé sous la pression. Cette force d’une grande mobilité joue un rôle particulièrement important pour contenir l’assaut de l’offensive allemande de mars 1918, et une deuxième brigade semblable est alors formée. En août 1918, pendant la bataille d’Amiens, ces mitrailleuses motorisées constituent un élément de grande valeur de la formation disparate faite de cavaliers, d’automobiles blindées et de ciclystes, et appelée « Force canadienne indépendante ». Entre septembre et novembre, cette force mène le Corps canadien d’une victoire à l’autre pendant la poursuite vers Valenciennes, puis jusqu’à Mons, le 11 novembre, où la guerre prend fin.
LES CYCLISTES
Au début de la guerre, chaque division canadienne possède sa propre compagnie de cyclistes – des soldats équipés de bicyclettes solides et dont les fonctions sont liées, entre autres, à la sécurité du terrain et à certains aspects du renseignement militaire. Dans les conditions statiques du front occidental, ils ne sont pas très utiles, alors on a tendance à les utiliser comme gardiens ou comme ouvriers. En mai 1916, les quatre compagnies sont amalgamées pour former le Canadian Corps Cyclist Battalion (bataillon de cyclistes du Corps canadien). En 1918, le bataillon est intégré dans la Force indépendante du brigadier général Brutinel et ses membres servent vaillamment à Amiens et au cours de la poursuite de Mons : comme une sorte d’infanterie montée, ils pédalent jusqu’au théâtre de l’action, mettent pied à terre et combattent à titre d’unité d’infanterie.
Repères bibliographiques
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Marteinson, John and Michael R. McNorgan,
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La vie dans les tranchées
Tim Cook
Historien, Musée canadien de la guerre
De la Suisse jusqu’à la mer du Nord, sur une longueur de 500 kilomètres, les soldats des deux camps creusèrent dans le sol des fossés de plus en plus complexes, de plus en plus profonds. En 1915, de vastes cités souterraines abritaient les soldats, alors que les armées ennemies s’affrontaient dans le no man’s land, la zone séparant leurs premières lignes respectives. Le long de cette ligne ininterrompue de tranchées, les opérations offensives se transformaient en attaques frontales, auxquelles un tir de concentration dévastateur venait généralement mettre fin.
Le front Ouest, comme on l’appelait, était constitué d’une série de tranchées profondes. Derrière les tranchées bien protégées de la ligne de feu se trouvaient des tranchées d’appui et de réserve reliées par des tranchées de communication perpendiculaires au front. Le long des tranchées de première et de dernière ligne, des abris profonds protégeaient d’à peu près tout, sauf d’un tir d’artillerie direct. Des sapes et des postes d’écoute étaient aussi creusés dans le no man’s land, d’où des soldats pouvaient prévenir d’une attaque ennemie.
En dépit de leur insalubrité, les tranchées de première ligne étaient des zones de sécurité. Elles protégeaient contre le tir d’armes de petit calibre, le shrapnel et les obus explosifs. Chaque jour et chaque nuit, les soldats consolidaient les murs qui s’effritaient, remplissaient les sacs de sable et réparaient les sections endommagées par le feu d’artillerie. La guerre se faisait non seulement avec des mitrailleuses et des fusils, mais avec des pelles.
La vie dans les tranchées était remplie de longues périodes d’ennui parsemées de moments de terreur. Les tâches routinières occupaient la majeure partie du temps. Une demi-heure avant l’aube, les fantassins devaient sortir des abris profonds ou des trous creusés dans les murs des tranchées et se mettre au garde-à-vous. En cas d’alerte, ils attendaient, baïonnette au canon, une attaque éventuelle. Si rien ne se passait – et c’était souvent le cas, car à ces moments-là l’infanterie des deux camps était toujours très bien préparée –, les officiers passaient les hommes en revue. Ils vérifiaient si les fusils étaient rouillés; ils s’assuraient également que les soldats avaient porté des chaussettes sèches afin de prévenir le « pied de tranchées », un type d’engelure résultant d’un long séjour dans le froid et l’humidité et pouvant nécessiter, dans les cas graves, une amputation des orteils ou des pieds. Après l’inspection, les soldats recevaient souvent une petite dose de rhum, qu’ils appréciaient beaucoup et qui les aidait à supporter leurs frustrations quotidiennes.
Le déjeuner, comme la plupart des autres repas, était généralement composé de bœuf en conserve, de confiture et de biscuits. Le régime était monotone, mais les soldats mangeaient à leur faim. Au dîner, pour varier et réconforter un peu, on servait de la soupe ou du ragoût provenant des zones arrière. Les colis expédiés par les familles et remplis de fromage, de pain et de sucreries compensaient pour la fadeur de la nourriture habituelle. Durant la journée, la plupart des soldats n’avaient qu’un but : éviter le sergent qui assignait les corvées de tranchées. Peu y parvenaient, et les soldats passaient une grande partie de leur temps à reconstruire les tranchées ou à monter la garde.
Malgré ces tâches, les soldats avaient beaucoup de temps libre, qu’ils passaient à rêver de leur foyer et des êtres chers qu’ils y avaient laissés; ils s’inquiétaient de leurs enfants qui grandissaient sans père, de leurs parents malades sans personne pour les soigner ou de leur femme qui s’efforçait de nourrir la famille avec le peu d’argent qu’elle avait. Ceux qui savaient lire et écrire pouvaient passer quelques heures à écrire des lettres. Et quand ils recevaient une réponse, ils la lisaient et la relisaient avec grand bonheur. Ces échanges permettaient d’entretenir un lien vivant entre le Canada et les tranchées. Bien que soumis à une double censure – celle des officiers du front et celle des autorités anglaises –, les soldats essayaient néanmoins de communiquer leurs pensées à leurs proches. Les civils ne pouvaient pas tout comprendre et les soldats eux-mêmes avaient du mal à trouver les mots pouvant décrire l’étrange expérience qu’ils vivaient, mais les lettres demeuraient un important moyen d’expression.
Le jeu était une façon de combattre l’ennui, et il se trouvait toujours un filou avec des dés ou des cartes, prêt à plumer ses camarades. Si un soldat n’avait pas d’argent, il avait au moins des cigarettes. Les soldats fumaient tout le temps et les cigarettes, fournies par l’armée, achetées dans les zones arrière ou envoyées par des proches, procuraient une distraction utile. Elles aidaient les soldats à se calmer les nerfs – c’est du moins ce qu’ils disaient – et elles aidaient sans doute aussi à masquer la forte odeur des corps non lavés.
Il n’y avait pas de bains dans les premières lignes et les soldats portaient les mêmes vêtements pendant au moins une semaine. La poussière et la boue faisaient partie de la vie et, l’hiver, elles aidaient à garder les soldats au chaud. L’infestation par des poux était, elle, beaucoup plus éprouvante. Les poux vivaient dans les coutures des vêtements et se nourrissaient de sang humain. Les soldats se grattaient jusqu’au sang pour venir à bout de cet ennemi infernal. Ils apprirent à se débarrasser momentanément de ces parasites en faisant rouler une chandelle sur les coutures de leur chemise. Cela faisait sortir les poux, qu’ils pouvaient alors écraser entre le pouce et l’index. Pendant cette activité, les soldats, assis, bavardaient, se plaignaient et potinaient. Mais les poux revenaient toujours les tourmenter, jour et nuit.
Les rats étaient aussi une plaie constante et comme ils se nourrissaient de cadavres, ils pouvaient devenir aussi gros que des chats. Ils mordaient les soldats et couraient sur leurs visages pendant leur sommeil. Les soldats leur faisaient la chasse avec, généralement, des chiens terriers, mais les rongeurs vivaient tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des tranchées et continuaient de proliférer. On les entendait couiner à travers tout le champ de bataille.
Au milieu de la boue et de la gadoue en hiver, au milieu de la chaleur et des moustiques en été, les soldats ont créé une certaine culture de tranchées. Certains pouvaient sculpter une œuvre d’art à partir de munitions utilisées. D’autres s’essayaient à la poésie. Tous n’étaient aussi doués que les réputés poètes de guerre John McCrae, Wilfrid Owen et Siegfried Sassoon, mais cette poésie des tranchées ou ces vers de mirliton étaient très révélateurs de la vie des soldats au front. Certains bataillons ont publié des journaux de tranchées. Mettant à profit l’expérience de certains de leurs soldats – qui, dans le civil, étaient éditeurs, journalistes ou caricaturistes –, ils ont fabriqué des journaux rudimentaires dans lesquels on retrouvait un humour grinçant ainsi que des commentaires ironiques sur le monde étrange et souterrain des tranchées.
Mais, au moment même où il écrivait une lettre ou contemplait le ciel bleu, un soldat pouvait être tué soudainement par un obus. L’ennemi était toujours là pour tuer ou mutiler. Des tireurs isolés rôdaient furtivement dans le no man’s land, camouflés et prêts à tirer une balle sur toute tête apparaissant ne fut-ce qu’une seconde, au-dessus du parapet de la tranchée. Des gaz toxiques étaient lâchés sous forme de nuages ou lancés au moyen d’obus d’artillerie, et les soldats qui ne pouvaient mettre leur masque à gaz assez rapidement étaient voués à une mort lente pendant laquelle les produits chimiques allaient infecter et ravager leurs poumons.
Des balles de mitrailleuses balayaient les premières lignes jour et nuit. Mais les obus d’artillerie furent les plus dévastateurs durant la guerre, plus de la moitié des pertes humaines leur étant attribuable. Les obus explosifs perçaient des trous profonds dans le sol et détruisaient les tranchées; les soldats qui étaient directement touchés étaient pulvérisés. Tout aussi meurtrier, le tir de shrapnel faisait pleuvoir sur les soldats des centaines de balles métalliques et de projectiles d’acier déchiqueté qui transperçaient la peau et les os. Le port du casque d’acier, à partir du début de 1916, aida à réduire les blessures, mais une unité en service aux premières lignes s’en tirait rarement sans un cortège de blessés. On appelait cela cliniquement du « gaspillage », et des graphiques impersonnels montraient que chaque mois l’infanterie devait s’attendre à perdre 10 pour cent de ses effectifs, même dans des zones tranquilles où aucune opération n’était menée. Pendant que les tireurs isolés et les artilleurs accomplissaient leur sale besogne, les soldats voyaient leurs meilleurs amis mourir ou être blessés à côté d’eux.
Mais les soldats ripostaient en lançant des attaques nocturnes. Portant des vêtements sombres et armés de revolvers, de grenades, de poignards et de massues, de petits groupes d’hommes se faufilaient de l’autre côté de leurs barbelés dans le no man’s land. Ces raids étaient une forme d’agression organisée dont le but consistait à recueillir des renseignements, à tuer l’ennemi et à capturer un prisonnier. Ils avaient généralement pour cibles les sentinelles ennemies, mais parfois de grands groupes de commandos se glissaient dans les tranchées ennemies pour y faire un carnage. Les soldats canadiens acquirent la réputation de commandos féroces, mais ces opérations étaient dangereuses et, dans la confusion d’un combat de nuit, les pertes étaient souvent très lourdes.
Pour soulager les soldats de l’incessante pression qu’ils subissaient, l’affectation aux premières lignes se faisait par rotation. Après une période de service de quatre à six jours, les soldats, sales, couverts de vermine et épuisés, passaient dans les lignes secondaires, puis dans les lignes de réserve. Cette rotation aidait à réduire la tension, mais les soldats savaient qu’ils allaient retourner dans les tranchées, dans ce cycle infernal.
L’endurance était la clé de la survie, et les soldats apprirent à survivre dans des conditions inhumaines. Certains devinrent fatalistes, croyant qu’ils seraient tués « quand leur numéro serait tiré »; d’autres éprouvaient une terreur constante; quelques-uns espéraient subir une blessure – une balle dans la main ou dans la jambe – qui les sortirait de l’horreur et les emmènerait dans un hôpital propre. Des milliers de soldats de l’infanterie ont fait une dépression nerveuse, mais des centaines de milliers d’autres ont appris à supporter la tension inhérente aux tranchées. Et ce sont ces survivants qui, après quatre années de rudes combats, allaient finalement ouvrir une brèche dans le front Ouest et vaincre les forces allemandes.
Repères bibliographiques
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Ressources éducatives
Mont Houy et Valenciennes
Au cours de cette période, la 4e division [CEC] fit plusieurs tentatives pour faire traverser l'Escaut à des patrouilles en bateau, sur des passerelles et sur les débris des ponts qu'on avait détruits. Comme nos soldats avaient reçu ordre de ne pas bombarder Valenciennes même, étant donné le grand nombre de civils français qui s'y trouvaient, il leur était extrêmement difficile de déloger les mitrailleurs et les canardeurs cachés dans les maisons qui dominaient le canal. Les quelques incursions que des patrouilles pouvaient accomplir et les aveux obtenus de prisonniers indiquaient que l'ennemi entendait résister ferme à Valenciennes. Ce n'était pas au hasard que les Allemands avaient choisi cette ville pour position-clé de la ligne Hermann. Le canal de l'Escaut constituait, en effet, un excellent obstacle à toute incursion qui pouvait venir de l'ouest ou du nord. En plus de fortifier la rive est au moyen d'un réseau de tranchées bien conçu, l'ennemi avait érigé un véritable barrage de barbelés sur l'une et l'autre rives. Percés de meurtrières, les murs des maisons et des usines avaient été armés de postes de mitrailleuses. En pratiquant des ouvertures dans les digues du canal et en ouvrant les écluses, les Allemands avaient inondé la campagne de part et d'autre de l'Escaut. A l'ouest et au sud-ouest de Valenciennes, la région submergée atteignait plusieurs centaines de verges de largeur. Au nord, dans le triangle délimité par le canal de l'Escaut et celui de Condé-Mons, l'eau recouvrait des milles carrés de terrain.
Les obstacles naturels favorisaient encore les Allemands en rendant Valenciennes imprenable par le sud. L'éminence boisée du mont Houy, à l'est du coude de l'Escaut, dominait absolument les abords sud de la ville d'une hauteur de 150 pieds. Derrière, une longue arête commandait la vallée de la Rhonelle et s'étirait jusqu'à Valenciennes vers le nord. L'ennemi avait du reste renforcé cette forteresse naturelle d'une ligne de barbelés et de tranchées.
On a modifié le plan tendant à la prise du mont Houy et de Valenciennes. Les ordres du
GQG enjoignent à la Quatrième, à la Troisième et à la Première armées de se tenir prêtes à reprendre, le 3 novembre, avec la Première armée française, l'offensive principale. Il faut s'emparer de Valenciennes au plus tôt, afin d'assurer le flanc gauche de cette grande opération60. L'avance jusqu'à la ligne Bleue et, ensuite, la poussée jusqu'à la ligne Verte constitueront désormais une seule et même opération, solidement appuyée par l'artillerie, et la 10e brigade canadienne travaillera de concert avec la 49e division sur la droite. Pendant que la 10e brigade (commandée depuis le 28 octobre par le brigadier-général J. M. Ross) se porte à l'assaut de Valenciennes à partir du sud et enveloppe la ville du côté est, la 12e doit établir des têtes de pont au delà de l'Escaut du côté ouest pour procéder ensuite au nettoyage de la ville. Un peu plus au nord, la 3e division se prépare à passer le canal au même moment. Le nouveau plan prévoit une attaque aux premières heures du 1er novembre.
Les préparatifs de l'assaut étaient compliqués du fait des nombreux civils qui se trouvaient encore dans Valenciennes. Afin que la ville souffre le moins possible du feu de l'artillerie lourde, on ne bombarda que les places défendues, comme le centre industriel et l'aciérie de Marly, qu'on savait remplies de soldats ennemis.
Le temps, qui semblait sans cesse contrecarrer les plans des Canadiens, ne se démentait pas. Durant toute la nuit précédente et la journée de l'attaque, de fréquentes ondées venaient ajouter à l'inconfort des soldats. Il n'y eut pas de bombardement préparatoire le 1er novembre au matin. Dès 5h 15, l'infanterie de la 10e brigade montait à l'assaut derrière une pluie de shrapnels, de balles de mitrailleuse et d'obus brisants, qui s'abattaient sur l'ennemi de tous les côtés à la fois. L'artillerie allemande ne fut pas lente à riposter, mais son feu fut bientôt étouffé par le contre-bombardement précis des canons canadiens.
On continuait d'encercler Valenciennes et de pénétrer à l'intérieur de la ville. Au cours de la matinée du 1er novembre, la 12e brigade et la 3e division avaient toutes deux réussi à établir des têtes de pont au delà de l'Escaut, que l'infanterie avait passé dans des canots pliants et au moyen de ponts flottant sur du liège. A midi, la 12e brigade, qui suivait la 10e de près sur la gauche, avait fait passer la plus grande partie des 38e et 72e bataillons du côté est du canal et des patrouilles avaient pénétré loin à l'intérieur de la ville.
Le 2 novembre, le général Currie écrivait dans son journal: «L'opération d'hier a été l'une des mieux réussies que le corps ait accomplies.» La prise du mont Houy et la marche sur Valenciennes avaient été habilement organisées et bien exécutées. L'ennemi, il est vrai, se cramponnait encore à la ville et tenait bon près de Marly, mais pour lui la journée avait été désastreuse. Les Canadiens avaient pris environ 1,800 prisonniers et on avait compté plus de 800 Allemands restés sur le champ de bataille. Les nôtres s'étaient fait tuer 80 hommes et comptaient 300 blessés. Une soigneuse coordination dans l'emploi d'une masse énorme d'artilleriepour appuyer le plus étroitement possible un nombre minimum de soldats d'infanterie avait permis d'obtenir la victoire à très peu de frais.
Au cours de la nuit du 1er au 2 novembre, la 11e brigade relevait la 10e. S'étant porté à l'attaque de Marly avant l'aurore, le 54e bataillon découvrait que la plupart des Allemands s'en étaient retirés71. Pendant la nuit, les deux bataillons de la 12e brigade, qui s'étaient heurtés à une vive opposition au cours de l'après-midi, purent traverser Valenciennes sans grande difficulté comme les Allemands la quittaient. Les deux unités se présentèrent aux abords est de la ville avant 8h.30 du matin. A la tombée de la nuit, le 2, la brigade s'était emparée de Saint-Saulvé, situé à un mille plus loin sur la route de Mons. Sur la droite des Canadiens, une garnison allemande, qui entendait ne pas abandonner l'aciérie, tint tête à la 49e division jusqu'au milieu de l'après-midi du 2, alors qu'un bataillon de la 148e brigade réussissait à prendre la position d'assaut.
Sir Douglas Haig avait différé d'une journée l'ordre d'attaque concertée que les quatre armées alliées avaient reçu pour le 3 novembre, puis le 3 au matin il contremandait toute l'offensive, lorsqu'il devint évident que l'ennemi s'était retiré de l'Escaut en n'y laissant que de faibles arrière-gardes. Il ordonnait plutôt une poursuite générale et, abandonnant les divisions à leur propre initiative, leur enjoignait de ne rien ménager pour empêcher les Allemands de se fixer quelque part. Le 22e corps se voyait assigner un premier objectif à dix milles de distance, tandis que le corps canadien recevait l'ordre de couvrir la gauche des Anglais. Au soir du 3 novembre, des patrouilles canadiennes de la 4e division avaient avancé jusqu'à la route d'Estreux-Onnaing, à trois milles à l'est de Valenciennes, sans entrer en contact avec l'ennemi.
La bataille de Valenciennes est la dernière grande attaque concertée à laquelle le Corps
canadien ait participé. Il ne devait pas se produire d'engagement d'envergure pendant la semaine de campagne qui restait, car l'ennemi était constamment forcé de se déplacer. Deux fois seulement, l'avance quotidienne a été de moins d'un mille.
Adapté et utilisé avec permission de Nicholson, G. W. L., Le corps expéditionnaire Canadien 1914-1919, Ottawa, R. Duhamel, Imprimeur de la Reine, 1963, p.431-436.











