Le général Orth décore Sir Arthur Currie
Le film
Année
1918
Durée
01 min 58 s
Compagnie de production
Topical Film Company
Cette séquence montre le lieutenant-général Sir Arthur Currie et d’autres officiers, en France, recevant des décorations sur le champ de bataille. Ancien enseignant et agent immobilier, Currie se voit attribuer, dès le début de la guerre, le commandement d’une brigade de 4 000 hommes. En 1916, il s’est déjà distingué comme un des meilleurs officiers supérieurs canadiens et, un an plus tard, on lui confie le commandement du Corps canadien en France. Il est le premier Canadien à assumer ces fonctions.
En 1917, il est fait chevalier par le roi George V. Il reçoit de nombreuses autres distinctions. Le film le montre tandis qu’il est décoré par le général Orth. L’historien Patrick H. Brennan avance l’hypothèse qu’Orth pourrait être américain. La Force expéditionnaire américaine est présente en France en 1918. Dans les premiers temps, les soldats canadiens aident à l’instruction des unités américaines même si cette tâche est surtout dévolue aux Français, en partie à cause des sentiments antibritanniques du général Pershing et d’autres officiers supérieurs américains.
Au fil des images, on peut voir aussi d’autres officiers canadiens. La plupart sont difficiles à identifier, mais on reconnaît à un certain moment, à l’arrière-plan, le commandant de l’Artillerie royale canadienne, le major-général E.W. Morrison, un homme mince à la moustache blanche. Puis un peu plus tard, on aperçoit le major-général Raymond Brutinel, premier à s’avancer et à saluer parmi plusieurs officiers. Brutinel, né en France, a commencé sa carrière d’officier dans l’armée française avant de commander le Corps des mitrailleurs canadiens.
On voit ensuite des scènes où Currie fait visiter le champ de bataille à des officiers français. Currie était très respecté par ses proches collaborateurs, mais de nombreux soldats le trouvaient cérémonieux et distant.
Un peu d'histoire
Les commandants
Patrick H. Brennan
Historien militaire
Lorsque le Corps expéditionnaire canadien commence à prendre forme à l’automne 1914, la majorité de ses futurs commandants sont encore attachés à la carrière commerciale ou professionnelle qu’ils poursuivaient quelques semaines auparavant. Même ceux qui ont acquis une certaine expérience dans la milice avant la guerre sont encore des guerriers amateurs, et il leur faut apprendre à commander à des soldats tout en faisant la guerre pour vrai. Le combat se révélera un maître cruel et impitoyable et les erreurs qu’ils feront en apprenant à commander coûteront des vies humaines.
Arthur Currie commence la guerre au commandement d’une brigade de 4 000 hommes. Il a été nommé sur la recommandation de Garnet Hughes, un de ses camarades officiers de milice en Colombie-Britannique et fils du ministre de la Milice et de la Défense, sir Sam Hughes, un homme imprévisible, manipulateur et incompétent sur le plan militaire. Au début de la guerre, Hugues choisit lui-même presque tous les officiers supérieurs de l’armée, dont un nombre beaucoup trop important sont des amis personnels et des membres de son entourage politique qui se révéleront inaptes au commandement et devront éventuellement être remplacés. Rien dans les antécédents d’Arthur Currie, instituteur et courtier en immeubles possédant une vague expérience de la milice, ne lui donne une avance particulière. Dans les faits, il se révélera un apprenti diligeant et un meneur extraordinaire dont les compétences militaires s’apanouiront rapidement. Dès 1916, on reconnaît en lui le meileur des officiers supérieurs canadiens. Un an plus tard, il est l’homme tout désigné pour devenir le premier Canadien à commander le Corps expéditionnaire, une responsabilité dont il se chargera avec distinction pendant toute la durée de la guerre.
Au moment où les Canadiens s’efforcent désespérément de surmonter leur inexpérience, ils ont la chance d’être encadrés par des officiers britanniques très compétents, tels que le lieutenant-général Julian Byng et son chef d’état major, le major-général Percy Radcliffe. Militaires de profession et de grande valeur, ils recrutent les commandants Canadiens les plus prometteurs, les guident et, lorsqu’ils démontrent ce dont ils sont capables, leur confient des commandements comportant plus de responsabilités. C’est ainsi que, dès 1917, le Corps canadien regroupe une réserve d’officiers de commandement canadiens compétents et aguerris. Deux des commandants de brigade, les brigadiers-généraux James MacBrien et Victor Odlum, sont très représentatifs de ce groupe. MacBrien fait partie de la poignée de Canadiens qui étaient soldats de profession avant la guerre. Après avoir été officier d’état-major, MacBrien reçoit de Byng le commandement de la 12e brigade d’infanterie en septembre 1916, tout juste avant que cette unité reçoive son baptême du feu. Quant à Odlum, après avoir servi durant la guerre d’Afrique du Sud, il est retourné à Vancouver où il a mis sur pied une société prospère dans le secteur financier et des assurances. Au sein du 7e bataillon, il participe à la première bataille canadienne d’Ypres et prend le commandement du bataillon lorsque le lieutenant-colonel McHarg est tué. Byng l’élève au commandement de la 11e brigade en juillet 1916 et, comme MacBrien, il commandera sa brigade jusqu’à l’armistice. D’un naturel studieux et réservé, MacBrien se révèle doué pour la formation et la planification. Par contraste, Odlum est un commandant fougueux et intrépide sur le champ de bataille et ses blessures en sont la preuve. Même s’ils emploient deux styles de commandement très différents, l’un et l’autre sont efficaces.
Contrairement à ce qui se passait dans les guerres antérieures, les généraux ne sont pas en mesure de contrôler les attaques qu’ils lançent, en raison de l’ampleur des batailles de la Première Guerre mondiale et de la rupture des communications pendant les combats. Ce qu’ils peuvent faire, cependant, c’est d’employer les semaines précédant un assaut pour se préparer à tous les imprévus possibles sur le champ de bataille – en d’autres termes, de mettre l’accent sur la planification et l’entraînement approfondis. Vers la fin de 1916, les forces de l’Empire britannique adoptent de nouvelles tactiques de combat, plus efficaces. Cela s’applique particulièrement au Corps canadien, où Byng, Radcliffe et Currie ont instauré un système hautement efficace « d’apprentissage organisé ». Les officiers et les soldats engagés dans le combat remplissent des rapports précis « d’après combat », exposant en détail ce qui a réussi et ce qui a échoué. Qu’il s’agisse de tactiques ou d’armements, les commandants du Corps attachent une grande importance au fait d’imaginer de meilleures façons de combattre et souligne, pour le bénéfice de chaque officier et de chaque soldat, à quel point il est vital d’absorber les leçons de « l’école du champ de bataille » pour la survie et le succès de tous les hommes. Dorénavant, une chose valable apprise par un bataillon sera rapidement adoptée par les autres, du simple fait qu’elle sera intégrée dans l’instruction militaire de tous. Autrement dit, les leçons apprises d’une manière organisée sont également mise en pratique d’une manière organisée. Plus que tout autre facteur, la maîtrise de cette « courbe d’apprentissage » sera responsable de la transformation du Corps canadien, de la foule d’amateurs enthousiastes qu’il était, en une force d’attaque d’élite, les « troupes de choc » de l’Empire britannique. Les officiers, et en particulier les commandants supérieurs, y auront joué un rôle indispensable.
Un groupe de commandants partage la double responsabilité de préparer à la fois leurs soldats et de les diriger au combat – les commandants des 48 bataillons d’infanterie du Corps. Des quelque 200 hommes qui commandent un bataillon canadien, 22 sont tués au combat et plusieurs autres sont blessés. Avec les officiers subalternes sous leurs ordres, ils sont en charge de la majeure partie du véritable entraînement des soldats au combat. Ils assument également la responsabilité cruciale de maintenir la santé, le moral et la fierté d’unité de leur hommes, et organisaient souvent des sports, des concerts et d’autres divertissements avec cela en tête. Les commandants de bataillons sont en fait les officiers de plus haut rang que leurs hommes connaissent vraiment et voient régulièrement et qui partagent avec eux les risques quotidiens et les conditions de vie précaires du front. Par conséquent, c’est auprès de leurs commandants que les soldats puisent confiance et inspiration, et un commandant de bataillon brave et adroit peut motiver ses hommes dans les conditions les plus épouvantables. Le lieutenant-colonel Cyrus Peck est ce genre d’officier. Il s’est engagé dans le 16e bataillon en 1914, se bat dans ses rangs à Ypres et le commande de novembre 1916 jusqu’à la fin de la guerre. Bien que Peck, trapu et portant des moustaches à la gauloise, est loin d’être le commandant qui a le plus l’allure militaire, il est intrépide et aucun de ses soldats ne se demande qui est à la tête de leur unité. Durant la tempête de la ligne Drocourt-Quéant, le 2 septembre 1918, son leadership mérite à Peck la Croix de Victoria. Lorsque la résistance allemande tenace et acharnée bloque l’avance de son bataillon, il s’expose aux tirs de l’artillerie lourde et des mitrailleuses pour reconnaître les positions ennemies, puis réorganise ce qu’il reste de son unité et la conduit vers la capture et le maintien de son objectif.
Les armées sont des organisations hiérarchiques, et la qualité du commandement joue un rôle énorme dans leur succès final. Même les soldats les plus braves et les mieux équipés vont échouer au combat si on leur demande d’exécuter un plan qui a des lacunes ou si les officiers qui les dirigent dans le feu du combat prennent de mauvaises décisions. Au fur et à mesure que la guerre progresse, les meilleurs commandants se hissent jusqu’au sommet du Corps canadien. Par conséquent, la planification est saine et les soldats canadiens sont prêts à utiliser, au combat, les tactiques les plus efficaces apprises dans des expériences antérieures de combat. Une fois la bataille engagée, une direction brave et compétente de la part de commandants de bataillons et d’officiers subalternes qui suivent leurs ordres contribue puissamment à atteindre la victoire. Les deux dernières années de la guerre, la qualité du commandement à l’intérieur du Corps canadien est extraordinaire, comme l’atteste une série de victoires.
Repères bibliographiques
Brennan, Patrick. “From Amateur to Professional: The Experience of Brigadier General William Antrobus Griesbach.” in Canada and the Great War, Briton Busch, ed. Montreal and Kingston: McGill-Queen’s University Press, 2003 : 78-92.
---. “A Still Untold Story of the Canadian Corps: Byng’s and Currie’s Commanders.” Canadian Military History 11, 2 (Spring 2002): 5-16.
Brennan, Patrick and Thomas Leppard. “How the Lessons Were Learned: Senior Commanders and the Moulding of the Canadian Corps after the Somme” in Canada and War: 1000-2000, Yves Tremblay, ed. Ottawa: Canadian War Museum, 2001.
Dancocks, Daniel. Sir Arthur Currie: A Biography. Toronto: Methuen, 1985.
Hyatt, A.M.J. General Sir Arthur Currie: A Military Biography. Toronto: University of Toronto Press, 1987.
McCulloch, Ian. “‘Batty Mac’: Portrait of a Brigade Commander of the Great War, 1915-1917.” Canadian Military History 7, 4 (Autumn 1998): 11-28.
Swettenham, John. McNaughton, Vol. I: 1887-1939. Toronto: The Ryerson Press, 1968.
Tremblay, Yves. “Brutinel: A Unique Kind of Leadership.” in Warrior Chiefs. Bernd Horn and Stephen Harris, eds. Toronto: Dundurn Press, 2001.
Images
Ressources éducatives
Sir Arthur William Currie
Pendant la guerre, Currie participe à toutes les opérations majeures des forces canadiennes, y compris Passchendaele, mais il est plus connu pour la planification et le leadership dont il fait preuve du 8 août au 11 novembre 1918, soit durant les 100 derniers jours de la guerre, au cours desquels toutes les offensives des Alliés ont peut-être connu le plus de succès. Les critiques de cette campagne faites par sir Sam Hugues au Parlement soulèvent une polémique d'après-guerre et donne lieu, en 1928, à une action en libelle qui justifie Currie entièrement.
Aux prises avec la banqueroute, Currie détourne 11 000 $ des fonds de son régiment pour couvrir ses dettes personnelles. L'affaire est portée à l'attention du premier ministre Borden, qui refuse de traduire le meilleur soldat canadien devant un tribunal militaire. Lloyd George, premier ministre britannique pendant la guerre, déclare que Currie est « un brillant commandant militaire » et laisse entendre que, si la guerre avait continué, il l'aurait peut-être nommé commandant de toutes les forces britanniques.
Inspecteur général des forces de la milice au Canada du 23 août 1919 au 30 juillet 1920, il devient, en 1920, principal et vice-chancelier de l'U. McGill, position qu'il occupe jusqu'à sa mort. Bien qu'il n'ait pas fait d'études supérieures, il s'avère extraordinairement compétent comme administrateur d'université à une époque particulièrement importante du développement de McGill.
Lecture complémentaire
Dancocks, D.G. Legacy of Valour: The Canadians at Passchendaele. Edmonton: Hurtig, 1986.
Hyatt, A.M.J. General Sir Arthur Currie: A Military Biography. Toronto: University of Toronto Press in collaboration with Canadian War Museum, Canadian Museum of Civilization, National Museums of Canada, 1987.
Urquhart, H.M. Arthur Currie: The Biography of a Great Canadian. Toronto: J.M. Dent & Sons, 1950.
Auteur A.M.J. HYATT
Reproduit de L'Encyclopédie canadienne avec l'autorisation de la Fondation Historica du Canada
Outils pédagogiques
Créer un journal de guerre
Niveaux scolaires : secondaire et collégial
Durée : 180 minutes
Films : Sir Robert Borden en compagnie des troupes canadiennes 2, Le général Orth décore Sir Arthur Currie, Les journalistes canadiens en visite en France et les autres films de la collection
Résumé : Les élèves créent un journal canadien pour leur localité, à l’époque de la Première Guerre mondiale. Pour réaliser cette activité, ils doivent avoir accès à l’information concernant les événements de la guerre et de la vie durant cette période et la comprendre correctement.
Contexte :
Il n’existait ni radio ni télévision durant la Première Guerre mondiale. Les journaux étaient les principales sources d’information; on y trouvait des reportages sur la guerre et, bien souvent, sur des personnes de la localité engagées dans l’effort de guerre.
Votre tâche :
Vous allez produire un journal canadien pour votre localité, en le replaçant à l’époque de la Première Guerre mondiale. Demandez à votre enseignante ou à votre enseignante : a) combien il y a de tâches à répartir; b) combien il doit y avoir d’élèves par groupe; c) si les groupes feront chacun une section de journal ou des journaux différents; d) combien de temps vous est alloué pour faire le travail.
• Servez-vous d’un vrai journal comme modèle, pour voir comment rédiger chaque section.
• Puisez les renseignements de base dans les films.
Sections d’un journal et quelques idées
Publicité
Qu’est-ce que les gens achetaient? Qu’est-ce qu’on mangeait? Comment s’habillait-on? Quelles étaient les activités de loisir et de divertissement de l’époque? Ou encore : créez des affiches de recrutement.
Articles
Batailles; nouvelles armes; le front occidental; le front intérieur (en particulier les femmes qui sont sur le marché du travail, au pays).
Biographies
L’histoire d’une personne de la localité engagée dans la Première Guerre mondiale.
Caricatures
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Page éditoriale
L’opinion du directeur ou du rédacteur en chef sur la guerre; faites l’éloge d’un récipiendaire de la Croix de Victoria.
Manchettes
« Un gars d’ici reçoit la plus haute décoration : la Croix de Victoria. »
Horoscope
Vers qui semblent se diriger les bonnes et les mauvaises nouvelles?
Événements sociaux
Bal au profit de l’effort de guerre.
Entrevues
La mère d’un héros de guerre issu de la collectivité locale.
Lettres
Lettres de soldats du front ou de gens qui s’opposent à la guerre.
Notice nécrologique
Le décès d’un soldat.
Poèmes
Sur un thème patriotique, par exemple.
Recettes
Afin d’encourager les gens à se serrer la ceinture et à économiser.
Livres
Au sujet de la guerre.
Cinéma
Il existait, à cette époque, quelques films muets.











