Les journalistes canadiens en visite en France
Le film
Année
1918
Durée
04 min 16 s
Compagnie de production
Canadian War Records Office, Ministry of Information
Ce film décrit diverses étapes d’une tournée organisée par des journalistes canadiens en France. Ces visites étaient étroitement contrôlées, et les journalistes n’avaient le droit de parler qu’à des représentants de l’armée choisis d’avance et formés pour livrer des informations déjà approuvées.
Les scènes ont été tournées en juillet 1918 par Walter Buckstone, un caméraman travaillant pour le Bureau canadien des archives de guerre (BCAG), une agence créée et dirigée par Maxwell Aitken. Né en Ontario, celui-ci s’est servi de ses immenses talents de financier et de journaliste pour tisser des liens étroits avec l’establishment britannique, ce qui lui a valu d’être fait chevalier. En 1910, Aitken a été élu en tant que conservateur au Parlement britannique et, en 1916, il a contribué à la chute du premier ministre Herbert Asquith. Le successeur d’Asquith, David Lloyd George, était un associé d’Aitken, et il a récompensé celui-ci en l’élevant à la pairie, sous le titre de lord Beaverbrook.
À la tête du BCAG, Aitken surveillait de près la diffusion de toute l’information reliée à l’effort de guerre canadien et il était très conscient de la puissance de l’image cinématographique. Les journalistes canadiens présentés dans cet extrait étaient encadrés par le BCAG, qui ne permettait pas les reportages d’enquête.
Le début de la séquence montre des journalistes qui inspectent les décombres d’un immeuble institutionnel, en compagnie d’infirmières de l’armée. On voit ensuite des soldats canadiens au bord de la Seine, alors qu’ils sont en permission à Paris. Cela ne devait se produire que rarement, étant donné que les Canadiens profitaient généralement de leur congé pour se rendre en Angleterre, où beaucoup d’entre eux avaient de la famille. Suit un extrait où les journalistes visitent le quartier général de l’armée britannique à Paris.
Le film se termine par des images d’un chemin de fer à voie étroite. On se servait des trains pour transporter les provisions militaires au champ de bataille, et les blessés aux postes de soins.
Un peu d'histoire
Les journalistes et la guerre
Myriam Levert
Étudiante, HEC, Montréal
Les militaires comprennent rapidement que si les méthodes de communication de masse apparues au cours du XIXe siècle permettent de sensibiliser et de mobiliser des populations entières, elles engendrent aussi des dangers jusqu’alors inexistants. La censure est donc élevée au rang de stratégie militaire très tôt dans le conflit pour atteindre deux objectifs : envelopper l’ennemi dans les brumes de l’ignorance et protéger le moral de la nation afin de favoriser l’effort de guerre. Nul n’est donc libre de dire ou d’écrire ce qui lui plaît. Les journalistes canadiens le découvrent dès le déclenchement des hostilités en août 1914.
Le premier objectif visé par la presse lors de la déclaration de guerre est d’informer la population du déroulement des combats, mais cela s’avère très difficile. Le gouvernement britannique interdit en effet la présence des journalistes sur le front jusqu’en 1915. Par la suite, la situation ne s’améliore guère. Les informations militaires proviennent d’un « témoin oculaire officiel » nommé par le gouvernement canadien qui transmet depuis Londres des reportages si tendancieux qu’il n’est pas pris au sérieux. Enfin, en mars 1917, en réponse aux plaintes croissantes des journalistes, l’Association de la presse canadienne envoie au front un véritable correspondant de guerre, T. S. Lyon, rédacteur en chef du Globe de Toronto.
Ainsi, puisque les correspondants canadiens se font assez rares au cours de la Grande Guerre, les journalistes s’approvisionnent en nouvelles sur les combats grâce aux transmissions télégraphiques provenant de leurs confrères européens. Par contre, les dépêches sont scrupuleusement vérifiées : les informations et photographies qui réussissent à échapper aux ciseaux des censeurs assignés à chaque groupe de correspondants sont scrutées et modifiées par la Censure française et britannique avant de traverser l’Atlantique.
Les tentacules de la censure ne s’arrêtent pas là. L’une des premières actions militaires du gouvernement canadien est d’instaurer la censure de la presse grâce à la Loi sur les mesures de guerre. Cette loi n’est toutefois pas suffisante pour endiguer le flot d’informations pouvant nuire à la sécurité de la nation. En effet, puisque la guerre est un sujet très lucratif pour les journaux et que la censure est volontaire, les rédacteurs en chef succombent au désir d’augmenter leurs ventes grâce à des informations dangereuses. Les informations les plus prisées sont celles qui devraient être tues selon les règles de la censure : le mouvement des troupes ou des vivres sur le territoire canadien, le départ des contingents pour le front, l’emplacement des industries militaires, les spécifications techniques de l’arsenal, les rumeurs d’espionnage et les listes des victimes.
En juin 1915, afin de mettre un terme à ces infractions, le gouvernement fédéral crée un Bureau de la censure et nomme le lieutenant-colonel Ernest J. Chambers censeur en chef de la presse. Jumelant plus de 30 ans d’expérience en journalisme à une carrière militaire, Chambers est respecté tant par le gouvernement que par les journalistes. Sous son égide, les rédacteurs en chef doivent s’assurer de jeter au panier toute information susceptible d’être utile à l’ennemi, de mettre la vie des soldats en danger ou de décourager l’effort de guerre. Cette définition est très large. En plus des détails sur les opérations militaires, elle endigue aussi la plus grande partie de l’information dressant un portrait réaliste de la guerre. Selon Chambers, la population du Canada pourrait être effrayée et découragée par les horreurs de la guerre. Les journalistes sont donc forcés d’utiliser un langage édulcoré : une défaite devient un revers; une retraite, un repli des positions; une légère avance, une brillante victoire. Les lettres des soldats sont aussi censurées. Seules les allusions humoristiques et optimistes à propos de la guerre sont autorisées dans les journaux canadiens.
La majorité des journalistes déplorent cette situation. D’ailleurs, pour certains journaux, comme le World de Toronto, empêcher la publication des nouvelles réalistes n’a aucune utilité réelle, sauf celle de nuire au recrutement. En effet, selon le quotidien, de telles informations sur la guerre démontrent l'urgence de la situation au peuple canadien et stimulent la flamme patriotique des jeunes hommes en âge de s'enrôler. À l'inverse, une image positive et édulcorée de la guerre donne plutôt l'impression que les conflits se poursuivent sans encombre et qu'il n'y a pas besoin de plus d'hommes sur le front. Un autre tort attribué à la censure est celui de protéger le gouvernement de la surveillance de l’opinion publique. Le Bulletin d’Edmonton démontre entre autres à ses lecteurs que la censure a caché au public canadien les défauts des fusils Ross pendant près de deux ans. Selon plusieurs quotidiens, si les faits concernant les défauts du fusil avaient été connus, le soulèvement de l’opinion publique aurait forcé l’adoption d’une meilleure arme et aurait peut-être prévenu plusieurs tragédies sur les champs de bataille.
À partir de 1917, la liberté de presse devient encore plus menacée. Se faisant le miroir de l’opinion publique, les journaux émettent en effet de plus en plus de critiques contre les politiques de guerre du gouvernement et les conditions socioéconomiques prévalant au Canada : enregistrement national, rationnement, augmentation du coût de la vie, mauvais traitement des civils par les autorités militaires et conscription. L’opposition la plus vive se manifeste au Québec. Les journaux libéraux, nationalistes et catholiques refusent de taire leur opposition à la conscription et à toute autre mesure jugée excessive. Ne voulant pas autoriser la diffusion de telles récriminations, le gouvernement vote une nouvelle loi censoriale plus restrictive et visant spécifiquement la publication de critiques à l’endroit du pouvoir. Si les menaces de suppression, d’emprisonnement et d’amende ne convainquent pas les journalistes canadiens-français de mettre un bâillon sur leurs critiques, les suppressions successives des journaux libéraux Le Canada et Le Bulletin et du journal ultracatholique La Croix, de même que la censure de la chronique de guerre de l’hebdomadaire L’Action catholique au printemps 1918, les forcent toutefois à se soumettre.
À bien des égards, la censure canadienne pendant la Première Guerre mondiale peut être considérée plus sévère que celle exercée dans les pays alliés. Du début des hostilités jusqu’au 30 avril 1919, moment où la censure des nouvelles prend officiellement fin, 253 publications sont censurées au Canada. De ce nombre, 164 sont publiées dans une langue autre que le français ou l’anglais. Les journalistes ne sont pas dupes. Cependant, s’ils résistent à toute intrusion dans leur liberté d’expression, les journalistes canadiens sont néanmoins prêts à participer à l’effort de guerre.
En effet, les journalistes deviennent des informateurs en transmettant au censeur de nombreuses informations utiles aux autorités. Par ailleurs, les journaux se transforment en organes propagandistes. Au Québec, par exemple, La Presse et La Patrie participent activement à la formation du 22e Bataillon canadien. Les journaux offrent aussi de l’espace gratuit pour les campagnes publicitaires du gouvernement ou publient des articles encourageant les jeunes hommes à s’enrôler.
Tout au long de la guerre, les journalistes canadiens sont tiraillés. Personne ne désire mettre la vie des jeunes soldats en danger ou nuire à la bonne poursuite de la guerre. Cependant, la censure visant à protéger le moral de la nation et, de fait, le gouvernement en place à Ottawa, est plus difficile à accepter. Partie intégrante de la machine de guerre, mais aussi outil politique, la censure bouleverse les fondements de la profession journalistique au Canada pendant plus de quatre ans.
Repères bibliographiques
Chambers, Ernest J. “Governing Principles of Censorship in Canada.” The Printer and Publisher (October 1915) : 39-42.
—, « Rapport sur le service de la censure de la presse canadienne – Première Guerre mondiale », présenté dans Le Canada français et les conflits contemporains. [Actes du colloque tenu à l’Université du Québec à Montréal, le 27 août 1995], Claude Beauregard, Robert Comeau et Jean-Pierre Gagnon, dirs., Cahiers d’histoire politique 2 (hiver 1996) : 185-288.
Comeau, Paul-André, dir., La démocratie en veilleuse, Montréal, Québec-Amérique, 1995.
Coutard, Jérôme, Des valeurs en guerre. Presse, propagande et culture de guerre au Québec. 1914-1918, [thèse de doctorat (histoire), Université Laval], 1999.
Desmond, Robert William. Windows on the World: The Information Process in a Changing Society : 1900-1920. Iowa City : University of Iowa Press, 1980.
Gagnon, Jean-Pierre, « Le rôle de la Presse dans la formation du 22e bataillon canadien-français », dans Conflits contemporains et médias, Claude Beauregard et Catherine Saouter, dirs.,Montréal, XYZ éditeur, 1997 : 55-59.
Kerr, George D. “Canadian Press Censorship in World War I.” Journalism Quarterly 59, 2 (1982): 235-239.
Keshen, Jeffrey A. “All the News that Was Fit to Print: Ernest J. Chambers and Information Control in Canada, 1914-19.” Canadian Historical Review 73, 3 (1992): 315-343.
—. Propaganda and Censorship During Canada’s Great War. Edmonton: University of Alberta Press, 1996.
Kesterton, W. H. A History of Journalism in Canada. Ottawa: McClelland and Stewart, 1984.
Knightley, Philip. The First Casualty: The War Correspondent as Hero, Propagandist, and Myth Maker from the Crimea to Vietnam. London: Andre Deutsch, 1975.
Levert, Myriam, La censure de la presse d’expression française du Québec durant la Première Guerre mondiale, [mémoire de maîtrise (histoire), Université du Québec à Montréal], 2001.
—, « Le Québec sous le règne d’Anastasie: l’expérience censoriale durant la Première Guerre mondiale », Revue d’histoire de l’Amérique française 57, 3 (hiver 2004): 333-364.
Levine, Allan. Scrum Wars. The Prime Ministers and the Media. Toronto: Dundurn Press, 1993.
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Salmon, Lucy Maynard. The Newspaper and Authority. New York: Oxford University Press, 1923.
Smith, David Edward. “Emergency Government in Canada.” Canadian Historical Review L (December, 1969): 429-448.
Vance, Jonathan F. W. Death so Noble: Memory, Meaning, and the First World War. Vancouver: UBC Press, 1997.
Les infirmières militaires
Denyse Baillargeon
Professeure agrégée, Département d'histoire, Université de Montréal
Au total, c’est 3141 infirmières qui ont travaillé au sein de l’armée canadienne, dont 2504 outre-mer, soit plus du tiers de toutes les infirmières diplômées du Canada. Certaines ont été postées dans des hôpitaux britanniques ou canadiens en Angleterre, mais au moins un millier d’entre elles ont servi en France et en Belgique; quelques-unes ont même été affectées en Méditerranée et en Russie. Contrairement aux infirmières des autres pays alliés qui faisaient partie de corps auxiliaires, les infirmières canadiennes étaient pleinement intégrées au corps médical de l’armée (Canadian Army Medical Corps) et détenaient donc un rang militaire. Margaret Macdonald, nommée matrone en chef au début du conflit, a d’ailleurs été la première femme de l’Empire britannique à détenir le rang de major.
Au départ, les autorités militaires avaient prévu cantonner les infirmières dans les hôpitaux stationnaires (stationary hospitals), des unités de 250 lits où travaillaient 16 infirmières, et dans les hôpitaux généraux (general hospitals) situés plus loin du front et qui comptaient entre 500 et 1000 lits desservis par une équipe de 72 infirmières. En pratique cependant, il est vite apparu que la présence de ces professionnelles était aussi requise dans les postes les plus avancés, appelés casualty clearing stations, où les soldats blessés étaient d’abord évacués, car leur état nécessitait souvent des interventions chirurgicales d’urgence impossibles à exécuter sans le concours d’infirmières. Plusieurs infirmières se sont ainsi retrouvées très près des lignes de combat, travaillant sous la tente ou dans des baraquements qui présentaient des conditions d’hygiène à peine minimales.
Bien que plus éloignés du théâtre des opérations, les hôpitaux stationnaires et les hôpitaux généraux ne bénéficiaient pas pour autant des commodités auxquelles les infirmières étaient habituées. Installés dans des hôtels, des monastères en ruine, des écoles désaffectées ou des abris construits à la hâte, ces hôpitaux étaient loin d’offrir un environnement idéal, et les infirmières ont dû apprendre à dispenser leurs soins en marchant dans la boue, au milieu des rats ou, sur le front méditerranéen, des mouches, et en utilisant l’eau avec parcimonie. Leur travail suivait le rythme des batailles, chacune apportant un arrivage massif de blessés. Contournant les civières qui s’alignaient alors sur le sol, les infirmières devaient s’occuper de centaines de soldats arrivés en train ou en ambulance. Les balles, les baïonnettes, les obus et le shrapnel occasionnaient des blessures très graves qui saignaient abondamment et qui nécessitaient souvent l’amputation, seul moyen de couper court à la gangrène. L’amputation attendait aussi les hommes souffrant d’engelures provoquées par leur séjour dans les tranchées boueuses, tandis que, sur le front méditerranéen, la dysenterie faisait des ravages. Le gaz, qui a été abondamment utilisé pendant la Première Guerre mondiale, s’attaquait aux yeux et aux poumons : dans ce dernier cas, les infirmières plaçaient le patient sous oxygène, mais cela n’apportait pas toujours le soulagement escompté. Elles étaient tout aussi impuissantes à soigner ceux qui souffraient de troubles mentaux, appelé shellshock, dont le nombre s’est multiplié à mesure que le conflit s’est intensifié. Par contre, elles savaient parfaitement prendre soin des soldats atteints de tuberculose ou d’autres maladies courantes comme la grippe. En raison du fort taux de mortalité des soldats blessés, ces cas ont d’ailleurs représenté la plus large part de leur travail. Vers la fin des hostilités, quand la grippe espagnole a commencé à se répandre, elles ont été de plus en plus souvent appelées à soigner des soldats atteints d’influenza.
La vie au front présentait néanmoins des moments d’accalmie dont profitaient les infirmières. Entre deux arrivages de blessés, elles pouvaient vaquer plus tranquillement à leurs occupations, tissant des liens d’amitié avec les soldats, qu’elles soignaient souvent durant de longues semaines. Elles s’offraient aussi de petits plaisirs. Celles qui n’étaient pas de garde pouvaient assister à des soirées dansantes, des réceptions et des concerts, auxquels prenaient également part des soldats, des officiers ou même des civils. Elles participaient également à des activités sportives ou à des jeux et faisaient des randonnées à bicyclette dans les environs de leur hôpital. Les infirmières cantonnées en Angleterre prenaient le thé avec des membres de l’armée britannique et canadienne ou avec des infirmières d’autres hôpitaux; elles jouaient au golf et au tennis. Lors de permissions, certaines ont même voyagé jusqu'en Écosse ou dans le sud de la France.
Les infirmières militaires ont été les seules femmes à aller au front durant la Première Guerre mondiale. Trente-neuf y ont laissé leur vie, soit 21 au cours d’attaques sur le continent ou en mer et 18 des suites de maladies. Sept autres sont mortes au Canada alors qu’elles étaient en service dans les hôpitaux de l’armée. Plus de 500 d’entre elles ont reçu des décorations, dont la matrone Ethel Ridley, nommée Commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique, et Vivien Tremaine, qui s’est vu décerner le Royal Victorian Order pour avoir pris soin du roi George V, blessé lors d’une chute de cheval alors qu’il passait en revue les troupes canadiennes. Ces honneurs militaires témoignent du courage dont elles ont fait preuve et de l’estime qu’elles ont méritée. Cette reconnaissance a d’ailleurs largement débordé les frontières de l’armée, car la participation des infirmières à la Première Guerre mondiale a grandement contribué à sensibiliser les autorités médicales et hospitalières à l’importance de leur rôle. Au lendemain de ce premier conflit mondial, les infirmières avaient gagné un véritable statut professionnel qui ne pouvait plus être remis en question.
Repères bibliographiques
Allard, Geneviève, «Des anges blancs sur le front : l’expérience de guerre des infirmières militaires canadiennes pendant la Première guerre mondiale», Bulletin d’histoire politique, 8, nos 2-3 (hiver-printemps 2000): 119-132.
---, «Les anges blancs sur le front. Les infirmières militaires canadiennes durant la Première Guerre mondiale», [MA (Histoire), Université Laval], 1997.
Allemang, Margaret M. Canadian Nursing Sisters of World War 1, Oral History Program Toronto: Faculty of Nursing, University of Toronto, 1977-1980.
Nicholson, G.W. L. Canada’s Nursing Sisters. Toronto: A.M. Hakkert, 1975.
Strong-Boag, Veronica. "Making a Difference : The History of Canada’s Nurses." Canadian Bulletin of Medical History/Bulletin canadien d’histoire de la médecine, 8, 2 (1991) : 231-248.
Images
Outils pédagogiques
Créer un journal de guerre
Niveaux scolaires : secondaire et collégial
Durée : 180 minutes
Films : Sir Robert Borden en compagnie des troupes canadiennes 2, Le général Orth décore Sir Arthur Currie, Les journalistes canadiens en visite en France et les autres films de la collection
Résumé : Les élèves créent un journal canadien pour leur localité, à l’époque de la Première Guerre mondiale. Pour réaliser cette activité, ils doivent avoir accès à l’information concernant les événements de la guerre et de la vie durant cette période et la comprendre correctement.
Contexte :
Il n’existait ni radio ni télévision durant la Première Guerre mondiale. Les journaux étaient les principales sources d’information; on y trouvait des reportages sur la guerre et, bien souvent, sur des personnes de la localité engagées dans l’effort de guerre.
Votre tâche :
Vous allez produire un journal canadien pour votre localité, en le replaçant à l’époque de la Première Guerre mondiale. Demandez à votre enseignante ou à votre enseignante : a) combien il y a de tâches à répartir; b) combien il doit y avoir d’élèves par groupe; c) si les groupes feront chacun une section de journal ou des journaux différents; d) combien de temps vous est alloué pour faire le travail.
• Servez-vous d’un vrai journal comme modèle, pour voir comment rédiger chaque section.
• Puisez les renseignements de base dans les films.
Sections d’un journal et quelques idées
Publicité
Qu’est-ce que les gens achetaient? Qu’est-ce qu’on mangeait? Comment s’habillait-on? Quelles étaient les activités de loisir et de divertissement de l’époque? Ou encore : créez des affiches de recrutement.
Articles
Batailles; nouvelles armes; le front occidental; le front intérieur (en particulier les femmes qui sont sur le marché du travail, au pays).
Biographies
L’histoire d’une personne de la localité engagée dans la Première Guerre mondiale.
Caricatures
Moquez-vous de l’Allemagne; critiquez les profiteurs de la guerre.
Page éditoriale
L’opinion du directeur ou du rédacteur en chef sur la guerre; faites l’éloge d’un récipiendaire de la Croix de Victoria.
Manchettes
« Un gars d’ici reçoit la plus haute décoration : la Croix de Victoria. »
Horoscope
Vers qui semblent se diriger les bonnes et les mauvaises nouvelles?
Événements sociaux
Bal au profit de l’effort de guerre.
Entrevues
La mère d’un héros de guerre issu de la collectivité locale.
Lettres
Lettres de soldats du front ou de gens qui s’opposent à la guerre.
Notice nécrologique
Le décès d’un soldat.
Poèmes
Sur un thème patriotique, par exemple.
Recettes
Afin d’encourager les gens à se serrer la ceinture et à économiser.
Livres
Au sujet de la guerre.
Cinéma
Il existait, à cette époque, quelques films muets.











