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Le Canada en guerre, 1939-1945

Lorsqu’il entre en guerre en 1939, le Canada est épuisé et abattu. Dix années de crise économique et de misère ont ruiné les Canadiens et le produit intérieur brut stagne à 5,6 milliards de dollars, bien au-dessous de son niveau de 1929. Le chômage demeure élevé, les gens ont besoin de travail et les salaires sont bas. De plus, la guerre ne suscite pas grand enthousiasme. Si les Canadiens considèrent de plus en plus Hitler comme une menace, ils gardent cependant un souvenir vivace des terribles pertes de la Grande Guerre. Le premier ministre Mackenzie King fait entrer le Canada en guerre une semaine après la Grande-Bretagne et la France, mais il promet qu’il s’agira d’une guerre à « responsabilité limitée » et précise, surtout à l’intention de la province de Québec, qu’il n’y aura pas de conscription pour le service outre-mer.

Six ans plus tard, à la fin de la guerre, le Canada aura rebâti sa fortune. Il aura fourni un énorme effort de guerre, ses armées auront marché en sol allemand, sa marine régnera sur l’Atlantique Nord et son armée de l’air sera la troisième au monde. Le PIB du pays aura plus que doublé, ce qui est extraordinaire, et les Canadiens auront des emplois, de l’argent en banque et des projets d’avenir. Des lois sociales existeront désormais pour protéger les travailleuses et travailleurs contre le chômage et pour que des allocations familiales soient versées directement aux mères de jeunes enfants. La charte des anciens combattants, un ensemble impressionnant de mesures de réadaptation et de formation, garantira à ceux qui auront combattu pendant la guerre toute la reconnaissance et le soutien qu’ils méritent.

Racontée cette façon, l’histoire apparaît presque prévisible, mais elle ne l’est pas. Au début, la victoire n’est qu’à un cheveu du désastre. La guerre-éclair des nazis a embrasé l’Europe de l’Ouest, écrasé la France et chassé la Grande-Bretagne du continent en 1940. Pendant un an, jusqu’à ce que Hitler attaque l’Union soviétique, le Canada est l’allié le plus important de la Grande-Bretagne dans sa lutte désespérée. L’URSS et les États-Unis, que l’attaque japonaise du 7 décembre 1941 pousse à entrer en guerre, feront pencher la balance contre l’Allemagne, l’Italie et le Japon, mais il faudra presque quatre autres années pour que les Alliés obtiennent la victoire. La guerre à « responsabilité limitée » que Mackenzie King a promise aux Canadiens se transformera en mobilisation massive – 1,1 million de Canadiens ou 10 % de la population prendront l’uniforme – et, de limitée, la conscription deviendra générale.

Après un début au ralenti, l’effort industriel du pays atteint lui aussi des sommets. À la fin de 1942, les usines et manufactures canadiennes, dont plusieurs appartiennent au gouvernement, produisent pour des milliards de dollars de véhicules (816 000 au total), d’avions, de canons et de navires militaires, alors que les fermes et les mines du pays fournissent de la nourriture et des métaux (dont 95 pour cent du nickel utilisé par les Alliés) pour plusieurs autres milliards. Quant les Alliés seront incapables de payer, le Canada leur donnera les marchandises. L’économie est en pleine expansion et des centaines de milliers de femmes se joignent à la main-d’œuvre : le Canada vit alors une révolution sociale et industrielle qui le transformera pour toujours.

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La Deuxième Guerre mondiale a entraîné beaucoup de tragédies personnelles au sein de la population canadienne, mais elle l’a également enrichie.
Né en 1939, Granatstein a servi dans l’armée, puis il a enseigné l’histoire à l’université York, qui lui a décerné le titre de distingué professeur de recherche en histoire et professeur émérite. Granatstein a été directeur du Musée canadien de la guerre et il est aujourd’hui membre du Canadian Defence and Foreign Affairs Institute. Ses écrits portent sur l’histoire, la défense, la politique étrangère et la science politique.